Les jeunes parmi lesquels des mineurs ont commis en 2015 367 actes criminels violents. Autrement dit, c'est comme si chaque jour de l'année était marqué par un tel acte. Les plus aggressifs ont été les jeunes dans les régions de Košice et de Banská Bystrica. Leur aggressivité qui s'est revellée bien supérieure à celle des jeunes dans les autres régions s'est manifestée notamment à l'occasion de bagarres et de vols à main armée. Les spécialistes attirent l'attention sur le fait que derrière ce comportement se dissimulent souvent les violences familiales ou l'usage des jeux vidéo chargés de violence. Même si le nombre de vols à main armée a diminué par rapport à 2014, l'âge des jeunes criminels a baissé lui aussi. Par exemple, en septembre un garçon de 12 ans et son père ont attaqué un jeune homme de 23 ans dans un village à l'Ouest du pays, le jeune homme a succombé à ses blessures. Cette tendance à une violence accrue a des prolongements cette année encore : voici peu de temps à l'Est de la Slovaquie trois teenagers ont brutalement battu un homme de 55 ans qui a, lui aussi, succombé à ses blessures. À l'origine de ce vol à main armée était un garçon de treize ans. Selon le psychologue, expert auprès des tribunaux Robert Máthé, l'une des raisons de cette aggressivité vient de ce que les jeunes d'aujourd'hui mûrissent physiquement plus tôt que dans le passé, mais qu'ils sont immatures au niveau psychologique. « Un important facteur criminogène est d'un côté l'absence d'activités sportives qui pourraient canaliser les tensions et l'aggressivité et d'un autre côté le fait que beaucoup de jeunes passent la majorité de leur temps à s'adonner aux jeux vidéo de combat » ajoute-t-il. Selon le procureur général Jaromír Čižnár ce sont avant tout les conditions familiales des jeunes qui sont à l'origine de leur aggressivité. Il considère que l'État porte sa part de responsabilité en balayant sous le tapis l'existence de la violence familiale en ne la traitant pas au cas par cas. Ainsi, les jeunes voient par exemple leur mère tyrannisée par le père sans que la police et les organismes responsables interviennent. « Cette attitude indifférente ne fait que soutenir les manifestations de la violence chez des personnes potentiellement violentes parce que si un enfant est exposé durant une longue période un tel comportement, il en restera marqué jusqu'à la fin de ses jours. Ce qui est encore pire c'est que sous l'emprise de tels vécus certains jeunes considèrent la violence comme quelque chose de tout à fait normale et l'exercent vis-à-vis de ceux vivant dans leur environnement » conclue le procureur général.