Après les déclarations incendiaires du Premier ministre suite aux événements de Cologne, la communauté musulmane en Slovaquie est à nouveau au coeur du débat.
islam synonyme de peur
Le président Kiska a adressé jeudi ses vœux du Nouvel an aux représentants des communautés religieuses en Slovaquie. Lors de son discours, le président slovaque a regretté que le terme de musulman soit devenu synonyme de peur ou de danger dans la rhétorique politique. Et d'ajouter que la Slovaquie avait aussi connu de tels mots entrés dans le vocabulaire ou la doctrine politique qui stigmatisaient et mettaient en danger tout un groupe de personnes sur base de leur appartenance à une minorité, une nation ou une religion. Ce qui provoque la peur, une inimitié ouverte voire la haine. Mgr Zvolensky a assuré que l'Eglise catholique voulait participer à la création d'une structure permettant d'aider à résoudre le problème de la crise migratoire. Le représentant de la communauté juive a déclaré que la terreur nous amenait à voir les immigrés comme un danger.
les musulmans quittent le pays
Le président de la Fondation islamique en Slovaquie a déclaré que les représentants de la communauté musulmane envisageaient de quitter le pays au regard des derniers événements et des déclarations du gouvernement. Il s'agit d'experts, de médecins ou d'ingénieurs vivant en Slovaquie dont certains sont déjà partis s'installer à l'Ouest. Pour autant, Mohamad Safwan Hasna ne veut pas dramatiser la situation : il ne s'agit que d'une poignée d'individus. Il faut dire aussi qu'il y a peu de musulmans en Slovaquie et de rappeler que c'est une communauté qui ne pose pas de problème, travaille et apporte une plus-value au pays. Pourtant, cette communauté ne saurait plus que penser et aurait peur. Pour rappel, le Premier ministre slovaque avait déclaré suite aux événéments de Cologne qu'il fallait empêcher que se forme en Slovaquie une communauté musulmane. Ces propos avaient alarmé la Fondation islamique qui tout en condamnant les exactions perpétrées en Allemagne, refusait l'amalgame entre l'islam et le terrorisme. Peu après, le ministre des affaires étrangères avait rappelé que la communauté musulmane était un apport pour la Slovaquie.
Mohamad Safwan Hasna a salué le geste fort posé par le président qui a invité la Fondation islamique aux vœux du Nouvel an. Andrej Kiska a assuré que les musulmans étaient chez eux en Slovaquie et qu'ils n'avaient rien à craindre.
sita, tasr