Pour rappel, la migration d'Anička est suivie par satellite. Le rapace avait été localisé pour la dernière fois par GPS à proximité de la frontière de la République démocratique du Congo et Zambie. Ensuite, plus rien. Les écrans sont restés désespérément vides. Le contact a été rompu pendant plusieurs jours en raison du mauvais temps. Les ornithologues slovaques craignaient le pire. Etait-elle toujours en vie ? La migration d'un oiseau n'est pas un voyage de tout repos : prédateurs, intempéries, chasseurs, les dangers sont nombreux.
Après quelques jours d'angoisse, le contact a été heureusement repris hier lundi. L'équipe qui suit de près ses pérégrinations est soulagée mais reste inquiète : Anička est en Zambie centrale, au nord de la ville Kabwe, qui fait partie des localités africaines les plus polluées à cause des anciennes mines de plomb et de zinc. La femelle de l'aigle pomarin a quitté son nid au pied des Tatras slovaques le 16 septembre pour un vol de plusieurs mois. Au cours de son périple, elle a survolé notamment la Syrie, l'Ethiopie, le Soudan du Sud, l'Ouganda, le Lac Victoria, la Tanzanie. Selon le directeur de l'Administration du Parc national des Hautes Tatras Pavol Majko, l'aigle a emprunté un trajet presque identique les deux dernières années.
Les protecteurs de la nature slovaques observent Anička depuis trois ans grâce à un microémetteur placé sur son dos et apprennent des choses extraordinaires sur sa vie. Durant cette période d'observation, notre aigle a effectué deux fois un trajet épuisant, un aller-retour en Afrique du Sud. L'hiver dernier à vol d'oiseau jusqu'au Mozambique, Anička a parcouru pas moins de 8400 kilomètres.
source : SITA