Selon une enquête récente réalisée par l'Alliance des agences de recrutement, les chômeurs slovaques sont très peu enclins à se déplacer pour un travail.
Bien que deux tiers des personnes sans emploi se déclarent prêtes à se déplacer, plus que la moitié d'entre elles veut consacrer à cette fin au maximum une heure, les coûts de transport ne devant pas dépasser les 50€ mensuels. Plus de 70% des chômeurs questionnés n'envisagent pas de déménager pour trouver un emploi. Ce sont notamment les personnes diplômées qui se disent prêtes à envisager une telle éventualité. Et le site d'actualités ayant repris les résultats de cette enquête cite un exemple concret. Récemment, plusieurs dizaines de chômeurs ont été convoqués au Pôle emploi de la ville de Komarno au Sud de la Slovaquie ; une agence de recrutement leur a offert un poste dans le village de Lozorno à 125 kilomètres de distance. Le salaire d'embauche brut proposé était de 900€, ce qui est plutôt une bonne moyenne en Slovaquie, et les salariés auraient pu profiter d'une allocation pour couvrir les frais de déplacement et de logement. Or, à l'exception de cinq personnes, tous les autres chômeurs convoqués ont tout de go rejeté la proposition. En effet, une grande partie de ces chômeurs travaillaient au noir et cette offre d'un poste de travail légal pour lequel il faudrait déménager ne leur convenait point. Et Ľuboš Sirota, président de l'Alliance des agences de recrutement, de tirer une conclusion de l'enquête précitée : « Au vu de ses résultats, on ne peut pas s'étonner que certaines localités restent très pauvres pendant de longues années ».
Parmi les motifs principaux qui empêchent les gens de déménager, il y a l'éloignement de la famille et l'attachement à son chez-soi. Selon Ľuboš Sirota, un autre facteur qui complique la situation est le retard enregistré par la Slovaquie par rapport aux autres pays européens quant à la construction de logements sociaux. Souvent, les travailleurs ne veulent pas habiter dans un centre d'hébergement et ne peuvent pas se permettre de louer un appartement. Ils préfèrent donc rester à la maison et percevoir des allocations de chômage. Et il n'est pas rare que ces chômeurs travaillent, soit au noir, soit sous un contrat occasionnel. Ils ont donc l'impression que la nécessité de se déplacer, voire déménager pour un poste de travail serait une dégradation de leur situation, notamment par rapport à la vie familiale.