Hier, le président slovaque Andrej Kiska s'est exprimé devant les parlementaires sur sa position concernant la question des réfugiés. En fait nous ne dirons rien de nouveau pour ceux d'entre vous, chers auditeurs, qui nous écoutez plus ou moins régulièrement sur le point des positions du Premier ministre Robert Fico et du Président de la République Andrej Kiska, anciens rivaux de la présidentielle, souvent - et ceci notamment sur la question de politique étrangère - divergentes, voire antagonistes. Et la situation actuelle ne fait que le confirmer. Alors que Robert Fico entend déposer une plainte auprès du Tribunal européen à Luxembourg pour s'opposer à la mise en œuvre du principe des quotas de repartition des réfugiés, le Président de la République a laissé entendre indirectement que cette décision pourrait altérer la bonne renommée du pays. Il a dans le même temps exprimé qu'il conviendrait de ne susciter un sentiment de peur envers les réfugiés auprès de la population. Bien au contraire, la Slovaquie peut prêter son aide mais ce qui manque, selon le président, est la volonté de montrer aux citoyens que cette aide ne constituera pas une menace pour la Slovaquie.
Andrej Kiska a demandé à pouvoir s'exprimer devant les députés après avoir critiqué le week-end dernier les plus hauts représentants politiques slovaques pour leur position de rejet des quotas adoptés par l'U.E. ainsi que pour le récupération de ce thème à des fins politiques intérieures dans la perspective des législatives toutes proches. Dans son discours il a rappelé le devoir de solidarité avec les autres pays de l'Union européenne tout en précisant que personne en Europe ne considérait les quotas en tant que solution définitive du problème mais que les leaders européens sont convaincus de la nécessité d'apporter leur aide aux personnes fuyant la guerre. Cependant, pas plus Robert Fico que ses ministres des finances et des affaires étrangères Peter Kažimír et Miroslav Lajčák n'étaient présents dans l'hémicycle parlementaire puisqu'ils effectuent une visite officielle à Cuba. Andrej Kiska a également mis en garde les hommes politiques contre une approche où les ambitions de politique intérieures leur feraient perdre de vue les intérêts du pays en matière de politique étrangère. Selon lui, « dans la discussion politique intérieure le mot Bruxelles est devenu presque synonyme d'injure et des décisions sont imputées à la bureaucratie bruxelloise qui sont de fait prises par des représentants élus ou désignés par le pays ».