Un sommet extraordinaire du groupe de Visegrad, ou V4, s'est déroulé vendredi dans la capitale tchèque. Il réunissait les représentants de la Slovaquie, de la République tchèque, de la Pologne et de la Hongrie. L'objet de ce sommet concernait la crise liée à l'immigration. De retour du sommet du V4 et avant celui de Bratislava ce lundi, le Premier ministre slovaque s'est exprimé à propos de la question des migrants sur RTVS.
Aider ceux qui en ont réellement besoin
Le chef du gouvernement a répété qu'il était nécessaire de différencier les migrants dont la vie est en danger, de ceux qui viennent chercher un travail dans l'Union européenne. Et de tirer la sonnette d'alarme : « Si nous les accueillons tous, c'est une invitation aux passeurs à organiser d'autres transports. La Slovaquie doit être solidaire avec ceux qui ont besoin d'aide. Quand les camps de réfugiés sont pleins en Autriche, alors nous prenons une part de ces personnes momentanément chez nous. Nous offrons aussi 200 places à des Syriens chrétiens qui désirent s'intégrer ici pleinement. » Selon ses mots, le gouvernement offre également beaucoup d'argent pour soutenir la protection des frontières Schengen, du matériel et du personnel. Et de rappeler : « Le rôle du gouvernement est non seulement de préserver la sécurité de la République slovaque mais aussi de manifester sa solidarité envers les étrangers qui en ont besoin. Je suis pour une manifestation bénévole de cette solidarité. »
Prendre le mal à la racine
Ján Figeľ, chef de file du KDH (Démocrates-chrétiens) met en garde : il ne s'agit pas de tirer un profit politique sur le thème des migrants, c'est un grand examen pour l'Europe qui doit montrer si elle sait agir humainement : « Cela demande une action prudente et déterminée tant du gouvernement que de la société publique. La Slovaquie peut faire plus et certaines activités auraient pu être mises en place depuis bien longtemps. » Le KDH soutient les positions qui consistent à dire que des quotas ne résoudrons en rien la situation actuelle. Il faut résoudre la situation des pays d'où proviennent ces migrants : « Si nous ne prenons pas le mal à la racine, nous n'obtiendrons aucun résultat. Il faut aussi protéger les frontières externes de Schengen, ce qui ne fonctionne pas actuellement. Certains pays ne respectent désormais plus les règles. » Et de citer des chiffres : 15 millions de migrants en Afrique, 60 millions dans le monde.
Ne pas avoir peur
La cofondatrice de l'association « Faisons preuve d'humanité » (Výzvu k ľudskosti) Lucia Štasselová estime qu'il n'y a rien à craindre : « La Slovaquie a l'expérience de la crise des Balkans ; à cette époque nous avons su gérer 10 mille réfugiés. » Et de rappeler que plus de 11.000 personnes ont rejoint l'association qui offre sur ses pages internet des moyens pour venir en aide tant matériellement que financièrement.
Dans le prolongement de ce sommet, les premiers ministres slovaque et tchèque, ainsi que le chancelier autrichien se rencontreront ce lundi à Bratislava pour discuter de la situation tendue liée à la crise migratoire.
tasr