Suite et conséquences des évènements en 1968

Suite et conséquences des évènements en 1968
Peu après l'occupation de la Tchécoslovaquie par les Armées du Pacte de Varsovie le 21 août 1968, une partie de la direction du parti communiste tchécoslovaque a été transférée à Moscou, où sous la pression, elle a dû signer l'accord sur la consolidation de la République tchécoslovaque le 26 août. Le 16 octobre à Prague, l'accord sur la présence temporaire des unités soviétiques sur le territoire de la République tchécoslovaque est signé. Une occupation de 22 ans commençait. Elle ne s'est achevée qu'en juin 1991 avec le départ des dernières unités soviétiques.

L'occupation de la Tchécoslovaquie ne change pas la substance du système politique introduit après l'année 1948. La courte époque du relâchement de la dictature, les grands espoirs piétinés par une force brutale conduit à faire s'approfondir l'abîme entre les dirigeants et les dirigés, entre les collaborateurs du pouvoir d'occupation et la majorité opprimée. Les chars du Pacte de Varsovie détruisent l'illusion concernant une réforme possible du communisme, et montrent qu'un changement dans le bloc soviétique n'a aucune chance de réussir, tant que le régime ne se libéralise pas en son milieu centraliste, à Moscou.

La normalisation, dit entre guillemets, de la situation dans la société tchécoslovaque se déroule en plusieurs phases. Du 27 août à la fin de novembre 1968, de nouveaux facteurs politiques entrent en jeu dans une Tchécoslovaquie qui cesse d'être un Etat de droit et un Etat souverain. En conséquence, le niveau de la gestion de l'Etat s'affaibli considérablement dans tous les domaines. De l'économie jusqu'à la direction politique. La société tchécoslovaque tombe en léthargie notamment dans le domaine des sciences et technique, ainsi que dans le domaine social et les structures de production. La conséquence en est, la montée d'un fort courant d'émigration, constituée principalement par des ressortissants a 70 % d'âge inférieur à 35 ans et 38 % de diplômés des universités et des lycées.

La société tchécoslovaque se voit de plus en plus isolée du reste du monde. L'homme politique slovaque Alexander Dubcek, mis en marge de la société, étroitement surveillé en permanence par les services secrets, au mépris des droits de l'homme, devient... simple jardinier.

Vendredi dernier, lors de la cérémonie d'un dépôt de gerbes sur la tombe d'Alexander Dubcek, le premier ministre Robert Fico a déclaré, entre autres, que Alexander Dubcek a rêvé d'une société libre, juste et solidaire. Ce processus régénérateur important a été interrompu par les évènements en 1968. Si ces évènements ne s'étaient pas produits aujourd'hui, la Slovaquie se porterait beaucoup mieux que bien des pays développés. 47 ans après l'arrêt brutal de ce processus de démocratisation, on peut constater, toujours selon le premier ministre, qu'aujourd'hui la Slovaquie est un pays libre dans lequel les citoyens exercent librement leurs droits.

Tatiana Minarovičová Foto: TASR

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