Le 21 août 1968 – date noire dans l’histoire de l’ex-Tchécoslovaquie

Le 21 août 1968 – date noire dans l’histoire de l’ex-Tchécoslovaquie
Dès l'arrivée d'Alexander Dubček à la direction du Parti Communiste en janvier 1968, la Tchécoslovaquie s'engage sur la voie d'importantes réformes visant à instaurer un « socialisme à visage humain » : abolition de la censure, réhabilitation des anciens dirigeants injustement condamnés lors des procès staliniens montés de toute pièce des années 1950, libéralisation de l'économie de la tutelle de l'Etat, remise en question de la politique étrangère, tolérance religieuse, etc. Bien que l'objectif de ces réformes n'avait l'intention de rompre avec le système communiste, comme cela avait été le cas en Hongrie en 1956, les changements engagés ont eu un impact profond sur la société. Cette vague de réformes dans un pays situé à la frontière des deux blocs risquait de menacer l'hégémonie soviétique sur l'Europe centrale et de l'Est.

Afin de s'opposer à une telle évolution, les troupes et les chars des pays du pacte de Varsovie (à l'exception de la Roumanie) entrent dans Prague le 21 août. Malgré l'impressionnante mobilisation patriotique de la population, et le soutien apporté à ses dirigeants par le congrès du Parti communiste tchécoslovaque, réuni en session extraordinaire le 22 août. Dans la journée du 21 août, les membres du Gouvernement menès par l'homme politique slovaque, Alexander Dubcek qui à l'époque était le Secrétaire général du parti communiste tchécoslovaque, étaient arrêtés et transférés à Moscou. Peu après, ils étaient démis de leurs fonctions et le diktat soviétique imposait de nouvelles structures gouvernementales à la Tchécoslovaquie. Commençait une longue période dite de normalisation et une occupation du territoire par les troupes soviétiques venues initialement à titre provisoire,mais qui allait durer 20 ans.

En marge de celui-ci ressort la question de l'origine de l'intervention des forces du Pacte de Varsovie. Selon les autorités de Moscou c'est à la demande d'une fraction de membres du parti communiste tchécoslovaque par une lettre adressée au Kremlin l'invitant à mettre fin au déviationnisme engagé selon eux, que les forces du Pacte seraient intervenues. En 1992 le Président russe Boris Eltsine a remis la photocopie de cette lettre signée par divers représentants du PC tchécoslovaque. Si pour les historiens il ne fait guère de doute que cette lettre existe et est authentique, jamais la Russie n'a accepté de remettre à la Slovaquie son original au prétexte que son contenu menacerait la sécurité de l'Etat Russe, selon des informations rapportées par la télévision slovaque.

Aujourd'hui, si dans la mémoire des personnes qui ont vécu ce douloureux épisode, le souvenir reste vif, mais il faut constater que pour les générations suivantes il disparaît et que les célébrations sont de moins en moins suivies avec le temps.

Tatiana Minarovičová Foto: TASR

Živé vysielanie ??:??

Práve vysielame