Le ministre des finances de la République slovaque a accordé récemment un entretien au Wall Street Journal. Monsieur Kazimir y évoque le dossier grec et salue la proposition de son homologue allemand qui évoque sérieusement une sortie temporaire de la zone euro pour Athènes.
Grexit temporaire
Selon le ministre slovaque, monsieur Wolfgang Schäuble dit les choses telles qu'elles sont. Cette éventualité avait été évoquée dimanche passé, le 12 juillet, avant d'être rejetée, de nombreux leaders européens estimant qu'il s'agissait d'un moyen de faire pression sur la Grèce et son Premier ministre pour qu'Athènes accepte l'accord. Le ministre des finances français Michel Sapin avait même parlé de cette éventualité d'un Grexit temporaire comme d'un moyen d'amuser la galerie. Monsieur Kazimir a répondu pour sa part qu'il n'aimait pas « qu'on embellisse la réalité ».
Compassion pour le peuple grec
Le ministre a aussi exprimé son incompréhension face aux attaques que subissent des pays comme l'Allemagne, la Finlande ou la Slovaquie qui veulent juste faire respecter les règles de l'union monétaire. Ces Etats représentent selon le ministre « la responsabilité et pourtant sont qualifiés de tenants de la ligne dure ». Pour monsieur Kazimir, l'incapacité du gouvernement grec à respecter les règles et sa résistance à toute coupe budgétaire ou réformes depuis ces derniers mois ont augmenté le besoin d'une aide supplémentaire. Le volume du troisième paquet d'aide pourrait atteindre 86 milliards d'euros. Le ministre exprime par ailleurs sa compassion pour les citoyens grecs qui devront supporter les conséquences de la politique de leur gouvernement ; il précise que la responsabilité incombe à ce gouvernement non à ses citoyens.
Croisons les doigts
Et de voir dans la démission du ministre Janis Varoufakis et de la prise de fonction d'Euclide Tsakalotos un changement positif. Il regrette d'ailleurs que ce dernier n'ait pas géré le dossier depuis le début. Est-ce que ce sera suffisant pour installer un programme de sauvetage ? Impossible de le savoir pour le moment, selon le ministre. Et de croiser les doigts, même si ce sera très difficile avec monsieur Tsipras.
tasr