Souvenir des premières élections législatives libres en juin 1990

Souvenir des premières élections législatives libres en juin 1990
Les premières élections législatives libres après 44 ans de totalitarisme se sont déroulées en Tchécoslovaquie en juin 1990. Les résultats ont fait entrer au Parlement slovaque 5 partis politiques à savoir : Le public contre la violence, VPN (le président Vladimir Mečiar), Les chrétiens-démocrates, KDH (le président Ján Čarnogurský), le Parti communiste, KSS (le président Peter Weiss), le Parti national slovaque, SNS (le président Ján Slota), et le parti Cohabitation (le président Miklos Duray).

Nous vous proposons quelques réactions des personnalités slovaques connues s'exprimant à la question : « Quel souvenir avez-vous vous des premières élections libres en 1990 »?

Celle du politologue Michal Horský : « Peu avant ces élections je suis devenu diecteur de campagne électorale du parti Public contre la violence, donc mes souvenirs sont clairs et positifs. De manière démocratique notre parti a relégué les structures gouvernantes du pouvoir politique en place. Personne ne se doutait du fait qu'elles s'établiraient dans la sphère économique. Ces premières élections libres en été 1990 signifiaient pour moi, et sans doute pour la majorité des citoyens, la preuve que s'achève l'époque de l'emprise gouvernementale du parti communiste ».

Celle de l'historienne Katarina Zavacká : « Sans fermer les yeux ni faire d'effort de mémoire, je revois ces foules devant les bureaux de vote. Comme si elles s'inquiètaient de ne pas avoir leur tour ».

Puis celle de Klára Orgovánová, directrice de l'Institut rom : « Je ne me rappelle pas trop de ces élections. Je ne me suis pas engagée de manière politique. Mais je me rappelle bien que l'époque après ces législatives a été importante pour ouvrir plusieurs thèmes. Par exemple, auprès de l'Office gouvernemental un organe consultatif a vu le jour auprès du vice-premier ministre pour les minorités. J'ai participé à la rédaction des premières dispositions qui devaient permettre aux rom à devenir citoyen à part entière. Nous n'y sommes pas parvenus véritablement, compte tenu des fréquents changements politiques, le manque de continuité et persévérence et la tendance à ne pas vouloir assumer ses responsabilités ».

Autre réaction en provenance de l'acteur Ady Hajdu : « Pour moi c'était le début de ma jeunesse, j'y ai ressenti des émotions les plus fortes de ma vie. L'espoir que quelque chose allait changer. Ce bonheur n'a duré qu'environ 6 mois, ensuite j'ai compris que tout dépend des personnes et qu'en définitive ces personnes délabreront tout. Peu à peu j'ai vu s'éloigner mes idéaux puis les perdre, et je me suis rendu compte que nous ne sommes pas assez mûrs pour pouvoir nous diriger nous-mêmes. Nous ne gouvernons pas nous-mêmes, c'est l'argent qui nous gouverne ».

Reminiscence enfin de la sociologue Zora Butorová : « Les élections législatives 1990 sont très particulières pour moi. Pour la première fois de ma vie, avec mes collègues du Centre de la recherche sur les problèmes sociaux, nous avons effectué des recherches pré-électorales, et nous avons fait une bonne estimation et prévision des résultats alors que peu de citoyens les attendaient tels.

source : Pravda

Zuzana Borovská, Pravda Foto: TASR

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