Hier, la Commission européenne a demandé à 23 des 28 États membres de l'U.E. de prendre en charge sous deux ans 40.000 candidats à l'asile syriens et érythréens arrivés en Grèce et en Italie, et les a appelés à accueillir dans le même délai 20.000 réfugiés. Partager un chiffre inférieur « n'aiderait pas l'Italie et la Grèce», a souligné le commissaire à l'Immigration, Dimitris Avramopoulos qui a simultanéement déclaré que la Commission européenne voulait assurer un minimum de solidarité au sein de l'Union européenne face à l'afflux de migrants et demandeurs d'asile en Méditerranée, « mais il n'est pas question que cette mesure soit généralisée », a-t-il souligné. Ces mesures doivent désormais être approuvées par les États dont nombreux sont plutôt réticents. La prise en charge des 20.000 personnes reconnues comme ayant besoin d'une protection internationale et actuellement installées hors d'Europe se fera également en fonction d'une clé de répartition qui prend en considération le PIB, le taux de chômage ou le nombre de migrants accueillis par le passé. En fonction de cette dernière, la Slovaquie devrait accueillir 1,96 % de ce nombre ce qui représente 785 personnes. Les États membres recevront 6 mille euros par personne accueillie, dans le cas de la Slovaquie la subvention se chiffrerait à 4 milliions 710 mille €.
Dans sa réaction présentée lors d'une conférence de presse, le Premier ministre Robert Fico a déclaré que la Slovaquie s'opposerait aux propositions de la Commission européenne portant sur la répartition des migrants sur le sol des pays européens. Selon lui, « il s'agit d'une entreprise à haut risque » en ajoutant que ce risque était représenté notamment par les personnes qui ne viennent pas en Europe pour y chercher du travail mais pour commetttre des actes terroristes. Il a comparé le nombre de réfugiés attribués à la Slovaquie à un village de taille moyenne composé de gens avec des habitudes culturelles et une appartenance religieuse totalement différentes de celles du reste de la population. Le Premier ministre a toutefois précisé : « Nous ne fuirons pas nos responsabilités ni ne monterons aux barricades. Nous nous opposerons à cette proposition et chercherons une solution optimale pour tous les intéressés ». Plusieurs États, notamment la France, la Lettonie, La République tchèque, la Pologne ou la Slovaquie se sont dits contre ce projet de la Commission européenne. Néanmoins, étant donné que celui-ci devrait être adopté par la majorité simple, il se peut que ces États doivent finalement s'y soumettre.