Le lendemain, samedi 9 mai, le premier ministre Robert Fico a participé aux célébrations de la fin de guerre à Moscou, mais il s'est abstenu d'assister au défilé militaire s'alignant ainsi aux autres représentants de l'UE qui se sont accordés pour ne pas y participer. Avant de s'envoler, il a déclaré que s'il ne se rendait pas à Moscou, il contesterait le fait historique de la part principale qu'à pris l'Armée rouge à la fin de la seconde guerre mondiale .
Aux dires du premier ministre, en Slovaquie, 63 000 soldats de l'Armée rouge sont morts et personne ne doute que l'Union soviétique d'antan a joué un rôle décisif quant à la chute de fascisme. Personne ne remet en cause que cette chute du nazisme a fait naître les bases de la nouvelle Europe. Elle a mené vers la création de l'UE et l'Europe regarde le fascisme comme quelque chose de mauvais et dangereux. C'est l'histoire, les faits historiques et je considère ma décision d'être présent au dépôt des gerbes et à la réception à Moscou comme naturelle. Je ne veux pas mélanger les faits historiques avec ce qui se passe aujourd'hui.
Toujours selon Robert Fico, la manifestation à Moscou a été une célébration digne de la fin de cette guerre et de la chute du fascisme. Il considère bon d'y avoir témoigné l' hommage et le respect vis-à-vis du pays et des citoyens qui de toute évidence reconnue ont supporté le plus grand fardeau de la seconde guerre mondiale. La Slovaquie doit se rappeler les victimes de la guerre, les atrocités commises par le fascisme. Il trouve indigne que le thème de la commémoration de la fin de guerre soit devenu une affaire politique. Il ne faut pas mélanger fonctionnellement le passé avec le présent, créer des constructions diverses car celles-ci ne peuvent pas résister devant les faits historiques. On ne doit pas insulter le message de ceux grâce auxquels on peut vivre dans la paix et dans la liberté. Il a apprécié l'initiative du Président de la République Andrej Kiska d'allumer des bougies aux héros et victimes de la guerre sur tout le territoire slovaque.
En marge de la présence slovaque en Russie, le chef de la diplomatie slovaque Miroslav Lajcak a déclaré que la Slovaquie est un État crée sur les bases de traditions antifascistes et par sa présence à Moscou, elle a rendu hommage à toutes les victimes de la guerre. Cela renforce et perpètue les valeurs que nos ancêtres ont défendu. Le fait que le premier ministre se soit rendu à Moscou n'est en rien un acte d'approbation de l'annexion de la Crimée. l'attitude de la Slovaquie dans cette affaire est claire et on l'a résolu là et quand il faut, dans le cadre de l'UE.
Robert Fico a communiqué à Moscou avec le Secrétaire général de l'ONU Pan Ki-Mun. Il s'est entretenu également avec le Président Tchèque sur le projet de connexion des rivières Labe, Odra et Danube et qui constituera l'un des sujets lors des prochaines assises gouvernementales. Le premier ministre slovaque retourne à Moscou début juin, où il souhaite y débattre de plusieurs sujets. Y figure, entre autres, la garantie du respect de l'accord sur la livraison du pétrole qui garantit à la Slovaquie 6 millions de tonnes de pétrole, la question de la livraison de gaz russe en Slovaquie au moment où l'Ukraine ne sera plus pays de transit, ou encore la question du traitement du combustible nucléaire utilisé.