Fuites budgétaires : appels d’offres truqués et accidents de voiture

Fuites budgétaires : appels d’offres truqués et accidents de voiture

Beaucoup de Slovaques considèrent que les abus du système d'allocation de précarité par les plus démunis sont insoutenables pour le budget du pays. Or, à part le prélèvement des allocations qui est souvent interprété en termes d'abus, il est bien d'autres domaines problématiques qui causent des pertes au budget slovaque, chiffrées en milliards d'euros. En réalité, ce ne sont pas les groupes les plus défavorisés qui profitent le plus des moyens budgétaires. Un site d'actualités slovaque s'est récemment penché sur les plus importants domaines de fuites de moyens budgétaires.

La première place est occupée par ce qu'on appelle l'« économie grise ». Ce phénomène très répandu qui consiste en des activités apparemment légales mais qui profitent de l'imperfection de la législation, attire le crime organisé. L'économie grise est souvent interprétée comme une sorte de rébellion contre l'État qui impose aux gens une charge fiscale et administrative trop lourde. Selon les études, l'économie grise représente en Europe 10 % du PIB. En Slovaquie, qui est en retard sur les autres pays européens quant à l'élimination de ce type d'activité, elle représente 15 % soit 11,1 milliards d'euros qui échappent à l'État. Un contrôle insuffisant, une police ou un parquet inactifs sont en partie responsables pour un autre domaine de fuites des finances budgétaires : les appels d'offres truqués. Le volume de financements engagés dans le cadre des appels d'offres en Slovaquie ne cesse de croître : de 2,8 milliards d'euros en 2010, il est passé à 7,5 milliards l'an passé. Selon une estimation de Transparency International Slovakia, un montant de 500 millions d'euros serait détourné annuellement du budget de l'État au travers des appels d'offres. Une autre catégorie est celle de la fraude fiscale. Rien que sur la TVA, l'État slovaque a perdu en 2013 2,5 milliards d'euros, en 2014 cette somme a pu être réduite d'un demi-milliard. Il est toutefois impossible de donner un chiffre précis concernant la fraude fiscale dans sa totalité. Quant aux divers types d'allocations versées par l'État et que nous avons mentionnés au début de notre article, elles ne coûtent à l'État que 1 milliard 780 millions d'euros annuellement. Ici, le problème principal n'est pas celui des montants versés mais des imperfections dans le système de versement. Derrière cette catégorie se place celle des accidents de voiture. Le chiffre est surprenant : un accident de voiture mortel coûte à l'État slovaque 420 mille euros. Ce montant couvre tous les frais liés à un tel accident : de l'intervention des policiers, des secouristes et des pompiers jusqu'aux frais liés aux soins médicaux des blessés. Pour comparaison, le prix d'un accident ne causant que des dégâts matériels est de 8 mille euros. Pour ne citer que brièvement le reste des catégories qui sont plus ou moins souvent alléguées comme causant des pertes injustifiées au budget de l'État ou - autrement dit - où le résultat est disproportionné par rapport aux moyens engagés, ce sont celles de la lutte contre le chômage, et de la lutte contre l'addiction à l'alcool et aux stupéfiants. Cependant, toutes ces catégories sont presque négligeables si l'on les compare avec les deux premières, soit l'économie grise et la fraude fiscale.

Jacques Hoflack Foto: TASR

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