La mobilité des travailleurs : une epée à double tranchant ?

La mobilité des travailleurs : une epée à double tranchant ?

Bien que l'ouverture du marché du travail européen puisse être considérée comme un grand apport pour les citoyens slovaques en termes d'expériences linguistiques et professionnelles l'État devrait veiller à ce que ce grand atout ne se transforme pas en une epée à double tranchant. C'est à ce constat qu'ont abouti les participants à une rencontre de spécialistes autour du thème de la mobilité sur le marché du travail, organisée à Bratislava par la Délégation de la Commission européenne, le portail internet euractiv.sk et la représentation de la fondation Friedrich Ebert en Slovaquie. Tandis que les Slovaques profitent dans une large mesure de la possibilité de partir travailler à l'étranger, le pays, la Slovaquie, est quant à elle pour le moment moins ouverte à l'accueil des travailleurs venant des autres pays ce qui pourrait s'avérer en espace de quelques années être un grand problème. Dušan Chrenek, chef de la Délégation de la Commission européenne à Bratislava considère que «la Slovaquie devrait s'ouvrir davantage et accueillir plus de travailleurs étrangers».

Les chiffres dans ce domaine jouent plutôt en défaveur de l'Europe. Au moment où les statistiques relèvent 24,6 millions de personnes au chômage le système EURES fait état de 1,5 million de postes disponibles vacants. La raison en est la disproportion entre les aptitudes des chômeurs et les besoins du marché de travail. En plus, les statistiques montrent qu'en fait seulement 3% de la main d'œuvre européenne, soit près de 7 millions de personnes, mettent à profit les possibilités ouvertes par la libre circulation des travailleurs. Il faut y ajouter 1,1 million de ceux qui, habitant près d'une frontière, ne la franchissent que pour travailler dans un État voisin et 1,2 million de personnes détachées par leurs employeurs pour effectuer un travail ponctuel à l'étranger. C'est le fait que la possibilité de la libre circulation des travailleurs est de plus en plus fréquemment mise à profit par des travailleurs à haute qualification qui fait problème ; leur nombre a doublé ces dernières années. Les plus atteint sont les pays les plus touchés par la crise, en revanche, ce sont l'Autriche, l'Allemagne, la Belgique et les pays scandinaves qui ont pu tirer le plus grand bénéfice de cette situation. Tandis que certains veulent tirer la sonnette d'alarme pour prévenir la fuite des cerveaux le directeur de l'Institut de politique de l'éducation auprès du Ministère de l'éducation nationale Matej Šiškovič a constaté que les chiffres ne manifestent pas un fort exode de la main d'œuvre slovaque vers l'étranger. Annuellement, quelques deux mille personnes partent travailler dans un autre pays, au total ils sont près de 100 mille dont 10% avec un diplôme d'études supérieures. Il a attiré l'attention sur le nombre croissant des jeunes slovaques effectuant leurs études universitaires à l'étranger, notamment en République tchèque ce qui est plutôt un fait positif, mais qui constitue également un défi pour l'État dans la mesure où il faudrait attirer ces jeunes pour qu'ils mettent en valeur les connaissances acquises dans leur pays d'origine.

Andrej Záthurecký Foto: TASR

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