Aux dires de l'historien Peter Jasek de « l'Institut de la mémoire nationale », il ne faut pas oublier que sur la partition des restes de la Tchécoslovaque après Munich ont pris part activement ses voisins - la Pologne et la Hongrie et la création d'un Etat slovaque indépendant représentait alors la meilleure solution possible. Toujours selon Jasek, Hitler a clairement fait comprendre à Tiso l'alternative dans laquelle il était placé avec la possibilité de partager la Slovaquie entre ses voisins. Surtout avec la Hongrie, renforcée par l'arbitrage de Vienne, conduisant à l'exigence de la reconstitution de la grande Hongrie dans ses frontières d'avant 1918. Cela aurait pu avoir des conséquences catastrophiques pour la Slovaquie, a dit Jasek.
La situation politique étrangère a joué un rôle clé. La situation tendue dans l'espace de l'Europe centrale en mars 1939 visait à détruire la Tchécoslovaquie. Hitler ne se satisfaisait pas de la seule cession des Sudètes, ayant établi un plan de vassalisation complète de la partie tchèque de l'État commun. Après l'accord de Munich, intervenu entre la Grande Bretagne et la France avec Hitler, ce dernier a acquis l'hégémonie dans l'espace de l'Europe centrale et a réalisé sa vision de l'aménagement de cet espace. Et dans son esprit, la Tchécoslovaquie en tant qu'aboutissement de la Conférence de paix à Versailles n'avait aucune place, a constaté l'historien slovaque.
L'objectif de la politique hongroise et polonaise était d'atteindre des frontières communes. Les ambitions hongroises n'ont pas été satisfaites par l'Arbitrage de Vienne du 2 novembre 1938 ce qui s'est manifesté en mars 1939 dans les quelques jours, suivant la création de l'État slovaque, lorsque les Hongrois se sont accaparés militairement une partie des territoires slovaques dans l'Est. La création de l'État slovaque n'était pas possible sans conditions locales favorables. C'était, dans cet ordre d'idée, le mouvement autonomiste qui avant 1938 tenait à l'autonomie du peule slovaque vis-à-vis du tchécoslovaquisme.De ce point de vue, le 14 mars était l'accomplissement du droit des Slovaques à l'autonomie, dans une période très compliquée et dans l'ombre de Hitler. Toujours aux dires de l'historien slovaque Peter Jasek, le 14 mars on n'a pas décidé du régime politique de l'État en création. La Constitution a été adoptée en juillet, elle a codifiée le régime républicain ayant à sa tête un Président. La Constitution a changé l'appellation officielle d'État slovaque en République slovaque.
Le rôle des Slovaques dans la Tchécoslovaquie entre les deux guerres mondiales était compliqué. D'un côté, la République tchécoslovaque a apporté quelques élèments positifs comme la création d'un espace démocratique parlementaire et le détachement de la Slovaquie de la Hongrie matérialisé par la détermination des frontières avec la Hongrie. L'Etat commun a apporté d'un autre coté quelques déconvenues portant sur la mise en valeur de la ligne politique du peuple commun tchécoslovaque dans la pratique. La conception du tchécoslovaquisme selon Peter Jasek a dénié aux Slovaques l'identité nationale et dans la pratique elle a apporté la main mise de la gestion publique et de l'état en Slovaquie par les Tchèques. Cette politique a eu des retombées négatives sur la situation sociale en Slovaquie. Dans les années 20, elle a eu pour conséquence des vagues d'émigrations qui s'est poursuivie lors de la période de la crise économique, a souligné l'historien slovaque Peter Jasek.