C'est retour de la guerre dans notre voisinage, selon les propres mots du ministre des affaires étrangères et européennes de la République slovaque. Au cours d'un débat sur tasr, Miroslav Lajcak a jeté un regard sur les événements qui ont marqué l'année 2014. Le diplomate expérimenté concède que nous avons plus de problèmes que de solutions. Et d'avouer, même s'il est extrêmement difficile de l'admettre, que nous n'arrivons pas à relever les défis mondiaux.
Nous ignorons les signes avant-coureurs
Concernant le conflit russo-ukrainien, le ministre est revenu quelques années en arrière. Selon lui, notre problème, c'est que « nous ignorons les signaux, nous ne voulons pas les voir, ni y réagir ». Et de rappeler qu'en 2007, lors de la conférence de sécurité à Munich, le président Poutine avait déjà manifesté son mécontentement sur la place que l'on accordait à la Russie sur la scène politique internationale. La Russie ne s'identifie pas au système des relations internationales et estime qu'elle a été écartée du débat sur le fonctionnement de ces relations. La Russie a eu progressivement l'impression d'être suffisamment forte pour pouvoir défier la communauté internationale. Pour le ministre, cette facon de faire est malheureuse, car annexer une partie du territoire d'un Etat étranger affaiblit le crédit moral. Cela ne nous enleve pas la responsabilité de ne pas avoir été capable de réagir.
Le politiquement correct joue en notre défaveur
Concernant la lutte contre le terrorisme, le chef de la diplomatie estime que les attentats en France montrent que quelque chose ne fonctionne pas. Et de déclarer : « Nous luttons contre le terrorisme depuis plus de dix ans, mais il est plus présent qu'avant. » Selon le ministre, le politiquement correct joue parfois en notre défaveur, car nous craignons de dire les choses clairement, pour ne pas se voir attribuer une étiquette. Et de poursuivre : « Si nous voyons que les choses n'évoluent pas positivement, que le lien entre la civilisation occidentale et l'islam n'évoluent pas favorablement, il faut chercher une réponse aux questions épineuses, sans préjugé, mais avec beaucoup de sérieux et de profondeur. Des soldats qui patrouillent dans les rues, ce n'est vraiment pas une solution. »
tasr