Plus de sécurité sous les communistes ? Tout est relatif

Plus de sécurité sous les communistes ? Tout est relatif

En Slovaquie, tout comme dans d'autres pays post-communistes, les témoins du régime communiste, voire des personnes moins âgées mais dégoûtées par l'état de la société actuelle, portent un regard en arrière rempli de regret, considérant l'ancienne Tchécoslovaquie communiste comme un pays plus sûr que la République slovaque actuelle. Que disent les statistiques ? Tout est relatif.

Les statistiques récentes font apparaître d'un côté et dans une certaine mesure le bien-fondé de leur sentiment et de l'autre que la fréquence de l'activité criminelle est en recul ces dernières années. C'est en renvoyant à cet état d'esprit évoqué plus haut que le ministre de l'intérieur Robert Kaliňák a déclaré voici deux jours lors d'une conférence de presse présentant les résultats de la police slovaque pour 2014 : « Nous commençons à nous rapprocher de la période d'avant 1989 qui est avec nostalgie considérée comme plus sûre ».

Le journal Sme a comparé certaines statistiques portant sur la criminalité datant des années 1984 et 1985 avec celles d'aujourd'hui, tout en tenant compte de plusieurs facteurs. D'abord, ces données étaient tenues secrètes à l'époque communiste. Ensuite, la criminalité en général n'est pas comparable entre ces deux périodes étant donné que la classification des crimes ne répondait pas aux critères utilisés aujourd'hui. Plusieurs catégories d'actes criminels qui sont sanctionnés de nos jours n'existaient tout simplement pas à l'époque et vice versa. Enfin, il ne faut pas oublier non plus que de nombreux citoyens ont été arrêtés arbitrairement sous le régime communiste. Prenant donc en considération ces réserves , il ressort tout de même des statistiques que voici trente ans les personnes ayant commis un crime étaient au nombre de 61.500 ; on en compte 10 mille de moins en 2014. Certaines catégories sont cependant impossibles à comparer, par exemple celle des meurtres : en 1984, 81 personnes étaient poursuivies pour ce crime ; en 2014 on enregistrait 54 meurtres. Pour d'autres, la comparaison reste possible : on recensait 680 cambriolages en 1984 et 664 en 2014. On peut noter un écart important quant à la catégorie des vols, qui est largement au profit de l'époque d'avant 1989 : en 1984, 5.000 personnes étaient poursuivies pour ce crime ; en 2014, les statistiques policières font état de près de 9.500 actes de ce genre, rien que pour les vols avec effraction. Pour les crimes qui n'existent plus aujourd'hui, on peut citer par exemple les personnes qui étaient sans emploi : en 1984, plus de 2.100 personnes ont été poursuivies pour ce qui s'appelait le « parasitisme social ». De même, plus de mille personnes ont été accusées d'avoir quitté la République, ce qui signifiait qu'elles étaient parvenues à émigrer à l'Ouest, très souvent via la Yougoslavie.

Andrej Záthurecký Foto: SITA

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