Partenariat transatlantique : menace pour les agriculteurs européens ?

Partenariat transatlantique : menace pour les agriculteurs européens ?

Le partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (PTCI) qui est en cours de négociation entre l'Union européenne et les États-Unis pourrait déstabiliser l'agriculture et l'industrie alimentaire européennes et slovaques. C'est le constat que fait Milan Semančík, président de la Chambre d'agriculture et de l'industrie alimentaire slovaque.

La raison est en le fait que c'est le vieux continent qui sort perdant de la compétition des deux systèmes de production d'aliments les plus avancés du monde. Or, la position des Américains, plus pragmatiques, vis-à-vis de ce secteur industriel est prise à l'aune du bénéfice que ce dernier peut générer. Ce qui les a conduit à être les premiers au monde à avoir recours dans une large mesure à des technologies de modification génétique. De plus, quant à leur taille, les fermes américaines sont beaucoup plus grandes que les entreprises familiales, typiques pour les 15 anciens pays membres de l'Union européenne. Milan Semančík a résumé ainsi les différences essentielles entre les industries agro-alimentaires américaine et européenne : « Une mécanisation à grande échelle, des troupeaux de milliers d'animaux dans les fermes ainsi qu'une réglementation moins stricte qui rend possible, par exemple, l'utilisation des hormones dans l'alimentation du bétail réduisent le coût de production des aliments pour les Américains. L'Europe qui est plus conservatrice et dotée de règles très précises portant sur l'alimentation et la protection de la végétation se défend contre la culture du maïs ou du soja génétiquement modifiés. En général, notre production alimentaire est plus importante, mais nous produisons plus cher.» Et Milan Semančík de poursuivre que le risque est d'autant plus grand que le contenu des négociations menées jusqu'à ce moment est évoqué très vaguement, ce qui ne permet pas de se faire une idée de ce que pourra être l'accord final.

« Les affirmations selon lesquelles le PTCI serait profitable à tous les citoyens des pays membres de l'Union européenne nécessiteraient d'être accompagnées d'analyses sérieuses. En général, on ne parle que d'une plus grande diversité de produits offerts aux consommateurs, de la baisse des coûts du commerce ou des prix réduits grâce auquels une famille de quatre personnes pourrait économiser jusqu'à 500 euros. Malheureusement, personne n'évoque la menace qui pèse sur l'emploi, une aggravation de la situation économique et sociale des travailleurs des secteurs qui pourraient être directement touchés par cet accord et parmi lesquels le secteur agro-alimentaire qui emploie pour l'essentiel la population rurale », conclue sur un ton grave Milan Semančík.

Andrej Záthurecký Foto: SITA/Martin Medňanský

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