Jamais au cours des trente dernières années, le fossé entre les riches et les pauvres n'a été aussi grand qu'aujourd'hui. C'est ce qui résulte de la toute dernière étude réalisée par l'Organisation de coopération et de développement économique, OCDE, qui regroupe 34 pays parmi les plus développés du monde. Selon les auteurs de l'étude, les inégalités sociales entre les différents groupes de la population agissent comme un frein au développement économique. Le rôle principal dans cette situation revient à l'éducation. Or, les gens avec un faible niveau de ressources ne disposent pas de moyens pour assurer leur propre éducation ou celle de leurs enfants. Ce qui fait qu'une position sociale défavorable est souvent reçue comme une sorte d'héritage. Il est très difficile de se libérer de ce cercle vicieux.
L'étude de l'OCDE en question a fait la comparaison des revenus actuels des plus riches et des plus pauvres avec ceux d'il y a trente ans. Le résultat auquel elle a abouti est édifiant : dans la moitié des années quatre-vingt du siècle précédent, la couche la plus riche de la population dans les pays membres de l'Union européenne gagnait sept fois plus que la partie de la population qui gagnait le moins ; aujourd'hui, il faut multiplier les revenus des plus riches par 9,5. Par exemple, il y a trente ans en Allemagne, ce rapport était de 5 à 1, aujourd'hui il est de 7 à 1.
Même si les données concernant tout particulièrement la Slovaquie ne sont pas disponibles, on peut supposer que la situation est semblable à celle dans les pays voisins, tels que la Tchéquie et la Hongrie ; toutefois, par exemple en Tchéquie, l'inégalité sociale exprimée en écart de revenus est - avec la Norvège et le Danemark - l'une des plus faibles de l'OCDE. Cette ressemblance a été récemment confirmée par une autre étude, publiée par le groupe Selon celle-ci, en Slovaquie, les 10% les plus riches de la population possèdent près de 30% de la richesse du pays, ce qui est un résultat plutôt positif comparé aux autres pays européens. En dépit de cela et comme nous l'avons remarqué au début de notre gros plan, ce sont notamment les enfants issus du milieu défavorisé qui en souffrent : bien que l'accès à l'éducation soit garanti par la Constitution slovaque, en réalité c'est la situation matérielle des parents qui en décide. Selon les experts, seulement 20% des enfants slovaques qui ont des parents à bas revenus ont la chance de mener à bien les études du second degré. Au sein des écoles élémentaires, près de 55 mille enfants, soit un dixième de tous les élèves, font partie de ce groupe défavorisé. Bien que plusieurs études aient déjà essayé d'attirer l'attention sur le fait que le système d'éducation slovaque est en train de conforter les disparités sociales, la situation reste inchangée pour l'instant.