En novembre 2020, les membres du Conseil national de la République slovaque ont désigné le 12 octobre Journée du samizdat, moment de commémoration officielle en Slovaquie. Elle rend hommage au courage de ceux qui, sous le régime totalitaire communiste, ont bravé les persécutions des autorités étatiques pour la simple raison qu'ils exerçaient leurs droits fondamentaux et leurs libertés.
La production de samizdat — cette littérature clandestine — était considérée comme une activité illégale dans la Tchécoslovaquie socialiste. Néanmoins, durant la période de « Normalisation » (1970-1989), les publications slovaques de samizdat ont totalisé au moins 13 millions de pages. « Les auteurs et les diffuseurs de samizdat subissaient des pressions systématiques de la part de la Sécurité d'État : perquisitions à domicile, saisies de manuscrits ou d'archives, interrogatoires, surveillance, menaces physiques, voire procès et emprisonnement. Cette persécution systématique se traduisait également par l'éviction de leur profession au profit d'emplois manuels, et par l'obligation de s'installer hors des villes. Le cas le plus célèbre est celui d'Ivan Polanský, condamné à quatre ans de prison en 1988 », a déclaré Pavol Hric, fondateur et directeur du Musée des victimes du communisme à Košice. Il y a trente-huit ans, le 12 octobre 1988, 92 dissidents tchèques et slovaques signaient une déclaration de soutien au militant chrétien slovaque Ivan Polanský, condamné le 17 juin 1988 à quatre ans de prison pour avoir publié et diffusé un samizdat. L'affaire dite du « camion français », survenue en 1981, constitue un exemple marquant de la persécution des personnes diffusant des documents samizdat. Plusieurs individus furent alors arrêtés pour « contrebande » de littérature, parmi lesquels le dissident et philosophe Milan Šimečka.
« Au début, divers livres ont vu le jour sous forme de samizdat, mais les périodiques ont constitué le sommet de cette production. Parmi les revues ayant connu les tirages les plus importants figuraient ZrNO en français Grain (1 500 exemplaires), Rodinné spoločenstvo en français Famille et communauté (1 300) et Náboženstvo a súčasnosť en français, La religion et le présent* (1 000). Quel que soit le tirage, chaque publication de samizdat revêtait une importance particulière. Les historiens estiment que la production de samizdat slovaque durant la période de la "normalisation" a atteint au moins 13 millions de pages », a souligné M. Hric.
tasr