La Slovaquie perd de l’eau et la sécheresse ne se limite plus aux rivières asséchées ou aux étés particulièrement chauds. Une nouvelle étude montre que ses effets peuvent désormais être observés même depuis des satellites. La sécheresse apparaît en outre non seulement dans les régions les plus chaudes du pays mais aussi dans le nord et les zones montagneuses.
Une étude de Greenpeace Slovaquie et de l’Institut climatique régional a analysé onze sites à travers le pays, notamment le barrage de Veľká Domaša, les réservoirs d’Orava et de Liptovská Mara, les lacs Štrbské et Zelené pleso ainsi que le Danube. Les données des satellites Sentinel-2 montrent une aggravation du stress hydrique de la végétation sur neuf des onze sites étudiés.
Les experts constatent que le pays se réchauffe, que l’atmosphère prélève davantage d’eau et que les périodes de sécheresse deviennent plus fréquentes et plus longues. Les indicateurs prenant en compte les précipitations, l’humidité des sols et l’état de la végétation ont enregistré des épisodes de sécheresse récurrents entre 2012 et 2026 dans toutes les régions étudiées.
Les changements sont particulièrement visibles à Veľká Domaša. En moins d’une décennie, la température moyenne y a augmenté d’environ deux degrés Celsius et le nombre de jours de vagues de chaleur est passé de 10 à 38 par an. Les mois marqués par une sécheresse prolongée y sont également devenus beaucoup plus fréquents.
Le manque d’eau ne constitue toutefois pas seulement un problème pour la nature et l’agriculture. Il affecte également le secteur énergétique. Lorsque les débits des cours d’eau diminuent, le potentiel de production des centrales hydroélectriques baisse. L’eau est également indispensable à l’industrie, au refroidissement des centrales nucléaires, à l’irrigation et à l’élevage.
Le Danube illustre lui aussi cette situation. Après les importantes inondations de l’année dernière, le niveau du fleuve est cette année descendu près de Bratislava à un niveau exceptionnellement bas. La sécheresse affecte la navigation, les écosystèmes et les réserves d’eau souterraine, tout en augmentant le risque d’incendies.
Selon les experts, la solution ne consiste pas uniquement à construire davantage de réservoirs. La hausse des températures entraîne une évaporation plus importante et une part toujours plus faible des précipitations reste dans les sols. Il est donc essentiel de mieux retenir l’eau dans le paysage et, parallèlement, de prendre des mesures pour limiter le changement climatique.
Sans mesures d’adaptation et d’atténuation, les experts avertissent que le manque d’eau pourrait à l’avenir menacer non seulement la nature, mais aussi l’agriculture, l’énergie et l’accès à l’eau pour la population.