À l'occasion de la Journée mondiale des enseignants, le monde éducatif ne célèbre pas seulement une date du calendrier, mais un anniversaire hautement symbolique : les 60 ans de la recommandation historique OIT/UNESCO de 1966. Ce texte fondateur posait pour la première fois les bases fondamentales des droits, des conditions de travail, de l'autonomie professionnelle et du statut social des enseignants. Six décennies plus tard, le constat dressé par le syndicat slovaque de l'éducation est sans appel : cette charte demeure d'une actualité brûlante, mais ses principes n'ont jamais été aussi fragilisés.
Les systèmes éducatifs mondiaux et nationaux traversent une crise d'une ampleur inédite. La pénurie d'enseignants ne cesse de s'aggraver, poussant de nombreux professionnels qualifiés à quitter les salles de classe. En cause : des rémunérations jugées insuffisantes face à l'inflation, une surcharge de travail administrative étouffante et une montée préoccupante de l'agressivité et de la violence en milieu scolaire. Pourtant, la mission de l'enseignant s'est considérablement complexifiée. Au-delà de la transmission des savoirs, le corps professoral se retrouve en première ligne pour aider les élèves à naviguer au milieu des crises contemporaines : mutations technologiques fulgurantes, urgence climatique, tensions démocratiques et montées des inégalités. Sans investissement massif dans les femmes et les hommes qui incarnent l'école, le droit fondamental à une éducation de qualité risque de devenir une promesse creuse.
La Journée mondiale des enseignants met également en lumière une réalité sociologique majeure : à l'échelle globale, les femmes constituent la très grande majorité du corps enseignant. Piliers du système éducatif, éducatrices, mentors et directrices d'établissements, elles continuent pourtant de se heurter à des freins de carrière, au harcèlement et à la charge disproportionnée des tâches non rémunérées. Pour les syndicats, revaloriser le statut des enseignants est indissociable de la lutte pour la justice de genre et l'équité sociale.
Le ministre de l'Éducation Tomáš Drucker a tenu à saluer le travail de la profession. Sur les réseaux sociaux, il a exprimé sa gratitude envers les enseignants pour leur engagement, leur dévouement et leur humanité, soulignant leur rôle essentiel pour garantir la sécurité et l'épanouissement des enfants à l'école.
TASR