L’une des marques slovaques les plus connues de vin mousseux va mettre fin à sa production à Sereď. La société Hubert J.E. a annoncé la fermeture de son usine d’ici la fin de l’année. Environ 60 salariés perdront leur emploi. La production sera ensuite transférée vers les usines sœurs du groupe BOHEMIA SEKT à Starý Plzenec et Mikulov, en République tchèque. Les produits Hubert resteront toutefois disponibles sur le marché slovaque.
Pour Sereď, cette décision marque la fin de plus de 70 ans de tradition industrielle. La production de Hubert y avait été transférée depuis Bratislava en 1952 et s’est poursuivie dans la ville pendant plus de sept décennies.
L’histoire de la marque est cependant bien plus ancienne. Ses origines remontent à 1825, lorsque Johann Fischer et Michael Schönbauer ont fondé l’entreprise à Bratislava. Johann Evangelist Hubert, dont la société prendra plus tard le nom, rejoindra l’entreprise ultérieurement. Son nom deviendra finalement celui de l’une des marques de vin mousseux les plus connues de Slovaquie. Après la Seconde Guerre mondiale, l’entreprise a été nationalisée et, en 1952, la production a été transférée à Sereď. Hubert y est ainsi devenu au fil des décennies une véritable partie de l’identité industrielle de la ville.Selon l’entreprise, la décision de fermer l’usine résulte d’une analyse de la viabilité économique à long terme. Malgré les investissements réalisés ces dernières années, la capacité de production n’a pas pu être suffisamment utilisée. Il est à noter que l’entreprise n’a toutefois pas enregistré de pertes en 2025. Son chiffre d’affaires s’est élevé à environ 29,8 millions d’euros et son bénéfice net à 1,79 million d’euros. Ce bénéfice a néanmoins diminué de plus de moitié en un an. La fermeture concernera progressivement les salariés, en deux étapes. Certains pourront se voir proposer un emploi dans d’autres usines du groupe. L’entreprise a également promis un plan de compensation supérieur aux standards, tenant compte notamment de l’ancienneté, de la proximité de la retraite ou des difficultés à retrouver un emploi.
Hubert rejoint ainsi la liste des entreprises ayant récemment réduit ou arrêté leur production en Slovaquie. Pour Sereď, son départ représente surtout la fin symbolique de l’une des plus longues traditions industrielles de la ville, commencée en 1952 et qui aura traversé plus de trois générations.