En Slovaquie, le 9 septembre est consacré à la Journée des victimes de l’Holocauste et des violences raciales. Cette journée commémorative rappelle la tragédie de l’Holocauste, la souffrance, la mort et la haine qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, ont coûté la vie à des millions de personnes. Sa date fait référence à l’adoption du « Code juif », promulgué par le gouvernement de la République slovaque de guerre le 9 septembre 1941. Cette année marque le 85ᵉ anniversaire de son adoption.
Le Code juif comptait parmi les mesures antijuives les plus sévères de l’Europe de l’époque. Élaboré sur le modèle de l’Allemagne nazie, il a considérablement restreint les droits personnels, civiques, religieux et sociaux des Juifs. Il a instauré leur recensement et leur identification publique, exclu les enfants juifs des écoles et limité leur accès à l’éducation. Il intervenait également dans la vie privée, le mariage et les droits de propriété. Les biens juifs devaient progressivement être transférés à des propriétaires dits « aryens ».
La politique antisémite n’était toutefois pas menée uniquement par le gouvernement. Des représentants du Parlement de l’époque, du Parti populaire slovaque de Hlinka, de la Garde de Hlinka, ainsi que des responsables politiques régionaux et la presse de l’époque ont également contribué à cette discrimination. Ces mesures ont progressivement privé les Juifs slovaques de leurs droits fondamentaux et créé les conditions qui ont finalement conduit aux déportations.Le premier transport de Juifs slovaques est parti de Poprad le 25 mars 1942. Jusqu’en octobre de la même année, près de 58 000 Juifs ont été déportés de Slovaquie. Une nouvelle vague de déportations a eu lieu de septembre 1944 à mars 1945. Au total, plus de 70 000 citoyens juifs de Slovaquie ont été déportés vers les camps de concentration nazis. La majorité d’entre eux n’a pas survécu à l’Holocauste.
En Slovaquie, la mémoire des victimes est également entretenue par le Mémorial de l’Holocauste à Bratislava et le Musée de l’Holocauste de Sered. Ouvert en 2016 sur le site d’un ancien camp de travail et de concentration, ce musée conserve un lieu authentique lié à la persécution et à la déportation des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.
La Journée des victimes de l’Holocauste et des violences raciales rappelle ainsi non seulement une tragédie historique, mais aussi les dangers de la haine, de la discrimination et du déni des droits fondamentaux.