Le nombre de ressortissants de pays hors de l’Union européenne travaillant en Slovaquie a presque triplé au cours des six dernières années. Alors qu’ils étaient environ 43 000 en juin 2020, ils sont aujourd’hui plus de 120 000. Les travailleurs étrangers occupent ainsi une place croissante sur le marché du travail slovaque, mais leur répartition reste très inégale selon les régions.
C’est l’ouest de la Slovaquie qui en accueille le plus grand nombre. La part des étrangers titulaires d’un permis de travail classique employés dans la région de Bratislava est passée d’environ 32 à près de 44 %. À l’inverse, les régions de Banská Bystrica, Prešov et Košice réunies ont vu leur part diminuer, passant de près de 13 à environ 8 %.
Ces statistiques ne reflètent toutefois pas entièrement la présence réelle des travailleurs étrangers dans les différentes régions. Outre les personnes titulaires d’un permis de travail, un nombre important d’étrangers peuvent travailler en Slovaquie sur la base d’une simple déclaration, dite « carte d’information ». C’est notamment le cas des Ukrainiens bénéficiant de la protection temporaire. Dans les statistiques, leur lieu de travail peut correspondre au siège de leur employeur ou de leur agence d’intérim, même s’ils vivent et travaillent en réalité dans une autre région.
Ces dernières années, les pays d’origine des travailleurs étrangers se sont également diversifiés. Les ressortissants d’Inde, d’Ouzbékistan, du Vietnam, des Philippines ou encore du Népal sont de plus en plus nombreux. Ils occupent principalement des emplois ouvriers et peu qualifiés dans l’industrie, la logistique, le bâtiment, les transports ou l’agriculture.
Selon Viliam Páleník, économiste à l’Académie slovaque des sciences et président de l’Institut pour l’emploi, cette main-d’œuvre étrangère ne compense que partiellement le recul de la population en âge de travailler. La Slovaquie compte toujours plus de 100 000 demandeurs d’emploi inscrits, auxquels s’ajouterait un nombre comparable de personnes en âge de travailler qui ne figurent pas dans les registres des services de l’emploi.
L’arrivée croissante de travailleurs étrangers ne constitue donc, selon lui, qu’une réponse partielle aux problèmes du marché du travail slovaque.