Chaque année, la Slovaquie produit environ 10,5 millions de tonnes de déchets industriels, soit près de quatre fois le volume des déchets municipaux. Pourtant, le pays ne dispose pas des infrastructures nécessaires pour les recycler et les traiter. Selon l'Association slovaque de l'industrie des déchets, cette situation devient un frein à la compétitivité du pays et peut influencer les décisions des investisseurs étrangers.
Les entreprises industrielles, notamment dans le secteur automobile, souhaitent limiter au maximum la mise en décharge et privilégier le recyclage ainsi que la valorisation énergétique des déchets. Mais elles sont confrontées à un manque d'installations adaptées.
Le principal défi concerne les déchets plastiques. Leur composition varie selon les fabricants, ce qui rend leur recyclage complexe et coûteux. Faute de capacités suffisantes en Slovaquie, une grande partie des plastiques est exportée pour être recyclée. Les experts estiment que la construction de nouvelles lignes de recyclage ne suffira pas sans un soutien financier durable, afin de garantir leur rentabilité.
La situation est également critique pour les déchets industriels dangereux. Les installations de valorisation énergétique existantes sont réservées principalement aux déchets ménagers et ne peuvent pas traiter ces déchets spécifiques. Une grande partie est donc mise en décharge ou envoyée à l'étranger, ce qui augmente les coûts.
Selon les professionnels du secteur, si aucune nouvelle infrastructure n'est construite, les coûts de traitement pourraient augmenter d'environ 30 % dans les prochaines années. Ils estiment qu'il faudrait créer au moins trois nouvelles installations dédiées aux déchets dangereux au cours de la prochaine décennie. Sans ces investissements, la Slovaquie restera dépendante des capacités étrangères et risque de perdre en attractivité pour les entreprises industrielles.