La Slovaquie a réalisé des progrès dans la numérisation de son système fiscal par rapport aux autres pays d'Europe centrale et orientale. Elle demeure toutefois l'un des pays où la pression fiscale est la plus élevée de la région. C'est ce qui ressort de l'édition 2026 du guide fiscal régional CEE Tax Guide, publié chaque année par le cabinet de conseil Forvis Mazars. L'étude compare les systèmes fiscaux de 25 pays d'Europe centrale, orientale et du Sud-Est, ainsi que des États baltes et d'Asie centrale.
Selon cette analyse, plusieurs pays ont relevé cette année les taux de l'impôt sur le revenu des personnes physiques ainsi que ceux de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA). La Slovaquie figure parmi les pays ayant connu les changements les plus importants. Aux taux existants de 19 % et 25 % se sont ajoutés deux nouveaux taux, de 30 % et 35 %, renforçant ainsi la progressivité de l'impôt sur le revenu.
Les experts soulignent également les progrès réalisés par la Slovaquie dans la numérisation de l'administration fiscale. Le système eKasa est désormais pleinement opérationnel et, à partir de 2027, la facturation électronique entre entreprises deviendra obligatoire. Selon l'experte fiscale Kvetoslava Čavajdová, la Slovaquie rattrape ainsi des pays comme la Hongrie, la Roumanie ou la Pologne, qui avaient introduit ces mesures plus tôt.
L'étude relève toutefois que le système slovaque de TVA reste relativement complexe. La coexistence de plusieurs taux accroît la charge administrative des entreprises et crée des incertitudes quant à l'application du taux approprié. Les experts recommandent donc de simplifier et de clarifier ce système.
En ce qui concerne l'impôt sur les sociétés, les taux restent globalement stables dans la région. Les États cherchent davantage à renforcer leur compétitivité par des incitations à la recherche et au développement que par une baisse de la fiscalité. L'Allemagne fait figure d'exception, avec un projet de réduction progressive de son taux d'imposition des sociétés à 10 % d'ici 2032, tandis que la Lituanie a choisi de l'augmenter.
En Slovaquie, la hausse de la charge fiscale concerne principalement les grandes entreprises. Le taux maximal de 24 % s'applique uniquement aux sociétés dont le chiffre d'affaires annuel dépasse cinq millions d'euros. Les entreprises en dessous de ce seuil sont imposées à 21 %, un niveau proche de la moyenne régionale, tandis que les plus petites entreprises, dont le chiffre d'affaires n'excède pas 100 000 euros, continuent de bénéficier d'un taux préférentiel de 10 %.