La Slovaquie vieillit plus rapidement qu’attendu

La Slovaquie vieillit plus rapidement qu’attendu

La Slovaquie fait face à un important problème démographique. Selon le Bureau des statistiques de la République slovaque, 42 019 enfants sont nés en 2025, soit environ un tiers de moins qu’au milieu des années 1990. Le taux brut de natalité a chuté à son niveau le plus bas depuis un siècle — inférieur même à celui observé pendant la Seconde Guerre mondiale. Cette évolution a des conséquences majeures : moins d’enfants aujourd’hui signifie, à l’avenir, moins de travailleurs, une pression accrue sur le système de retraite, les soins de santé et les finances publiques.

La baisse de la natalité ne peut plus être expliquée uniquement par des facteurs économiques. Si les coûts du logement et de la vie quotidienne fragilisent le sentiment de sécurité dans plus de la moitié des familles, l’incertitude psychologique et sociale joue un rôle de plus en plus important. Les jeunes s’interrogent sur la stabilité du monde dans lequel ils pourraient élever des enfants.

Une enquête montre que deux tiers des couples sans enfants souhaitent en avoir, mais 71 % d’entre eux expriment des inquiétudes quant au monde dans lequel ils les élèveraient. Près de 80 % des Slovaques craignent également des conflits mondiaux. Une part importante des jeunes doute par ailleurs de sa capacité à être de bons parents — 44 % reconnaissent ces doutes, liés notamment à la charge psychologique, à la pression de la performance et à la peur de l’échec.

Les experts soulignent que la parentalité est aujourd’hui de plus en plus perçue comme un « projet » exigeant, où la performance et la perfection occupent une place centrale. Cela accroît la pression et conduit au report de la décision d’avoir des enfants. La parentalité reste toutefois fortement influencée par le milieu familial dans lequel une personne a grandi, et les expériences négatives peuvent renforcer les inquiétudes.

Les facteurs économiques demeurent également importants. Les coûts de la vie et l’incertitude du marché du travail compliquent l’autonomie des jeunes et la fondation d’une famille. Beaucoup envisagent initialement d’avoir des enfants après leurs études, mais la confrontation avec la réalité affaiblit progressivement ces intentions.

Une nouvelle tendance apparaît aussi : une minorité de jeunes choisit de ne pas avoir d’enfants, privilégiant son mode de vie personnel. Les spécialistes rappellent cependant que les attitudes envers la parentalité peuvent évoluer au cours de la vie et que certains reconsidèrent son importance plus tard.

Dans l’ensemble, la tendance est claire : la Slovaquie vieillit plus rapidement que prévu, et la décision d’avoir des enfants est aujourd’hui principalement influencée par une combinaison d’incertitude économique, de pression psychologique et d’inquiétudes pour l’avenir.

Tatiana Minarovičová Foto: TASR

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