20 ans de fonds européens en Slovaquie

20 ans de fonds européens en Slovaquie

La Haute autorité de l’audit de la République slovaque (NKÚ) a, pour la première fois de son histoire, dressé un bilan complet des vingt années d’utilisation des fonds européens en Slovaquie.

La bonne nouvelle est que la Slovaquie figure parmi les pays qui reçoivent nettement plus de l’Union européenne (UE) qu’ils n’y contribuent. Entre 2004 et la fin de l’année 2025, la position financière nette du pays vis-à-vis du budget de l’UE a atteint 28,8 milliards d’euros. Pour chaque euro versé au budget commun européen, la Slovaquie a reçu 2,7 euros en retour, ce qui fait de son adhésion à l’UE une opération particulièrement avantageuse.

Selon la NKÚ, les investissements financés par l’Union européenne ont contribué à stabiliser l’économie, à soutenir l’emploi et à atténuer les effets des différentes crises. À l’origine, les fonds européens devaient constituer une source de financement complémentaire, mais ils sont progressivement devenus le principal pilier des investissements publics. Cette situation traduit toutefois une dépendance peu saine. L’État s’est habitué à financer son développement principalement grâce à des ressources extérieures plutôt qu’avec ses propres moyens. Lorsque les financements européens reviendront à leur niveau moyen, l’État devra compenser cette baisse par des investissements financés sur son propre budget, ce qui pourrait s’avérer problématique dans un contexte d’endettement élevé.

L’objectif principal des fonds européens était de réduire les disparités entre les régions. D’après la NKÚ, cet objectif n’a été atteint que partiellement. Toutes les régions ont certes enregistré une croissance, mais les écarts persistent. La région de Žilina a affiché la plus forte progression du PIB par habitant, avec une hausse de 140,72 %, suivie par les régions de Prešov et de Trnava. Le problème est que, dans le même temps, Bratislava a également continué à se développer, ce qui a considérablement ralenti le rattrapage des autres régions.

Pour conclure, la NKÚ recommande plusieurs mesures : renforcer les capacités administratives, améliorer l’efficacité et la numérisation des contrôles, perfectionner les procédures de marchés publics et établir une responsabilité plus stricte en cas de défaillance.

Le principal défi est clair. Si la Slovaquie veut tirer de son appartenance à l’Union européenne davantage que la simple rénovation des infrastructures routières, elle doit cesser de dépenser les fonds dans l’urgence et commencer à les orienter vers la productivité, l’innovation et le capital humain. C’est à cette condition que l’écart entre l’ouest plus prospère et l’est plus défavorisé du pays pourra enfin commencer à se réduire.

Kristína Hanáková Foto: TASR

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