L'efficacité des fonds européens en Slovaquie est compromise par la bureaucratie, un contrôle insuffisant, une coordination déficiente et un faible niveau de prévention de la fraude. C'est ce que révèle le rapport de la Haute autorité de l’audit de la République slovaque, qui a analysé l'utilisation des fonds européens entre 2004 et 2025. Selon Peter Stano, chef de la représentation de la Commission européenne à Bratislava, les conclusions de la Haute autorité concordent avec les informations communiquées par la Commission européenne à ses partenaires slovaques.
Selon Peter Stano, chef de la représentation de la Commission européenne à Bratislava, « si la Slovaquie souhaite tirer pleinement parti des généreuses contributions des contribuables des autres États membres de l'UE sous forme de fonds européens, elle doit revoir son approche et son système actuels de gestion de ces fonds ». Selon le président de la Haute autorité de l’audit, Ľubomír Andrassy, de 2004 à fin 2025, la Slovaquie a reçu 25,6 milliards d'euros de l'UE, soit 5 327 euros par habitant ou 21 euros par mois. « Vingt années d’adhésion confirment que le montant des fonds alloués ne garantit pas à lui seul le succès et que la qualité des institutions, l’orientation stratégique des investissements et la stabilité du cadre réglementaire jouent un rôle essentiel », indique dans son rapport la Haute autorité de l’audit. M.Andrassy a souligné : « Dépenser uniquement parce que le budget le permet est la pire des solutions. » Selon lui, l’inefficacité de l’absorption est souvent due à la pression du temps, mais aussi aux conditions fixées. « Le taux d’absorption le plus élevé, associé au plus grand gaspillage, est observé lorsque la participation du bénéficiaire est nulle ou de l’ordre de 10 % », a-t-il constaté. D’après la Haute autorité, l’objectif principal de réduction des disparités régionales n’a été que partiellement atteint. L’effet stimulant des fonds européens a progressivement cédé la place à une tendance à l’éviction des ressources nationales et de l’investissement public par les fonds européens. Ceux-ci (hors dépenses de défense) ont progressivement représenté plus de la moitié des investissements publics, atteignant 80 % en 2015. Les inspections menées ont révélé des problèmes récurrents : une préparation insuffisante des projets, des incohérences méthodologiques, des erreurs administratives, une faible qualité des évaluations d'experts, des contraintes de temps, des défaillances dans les marchés publics, un fort taux de rotation du personnel, l'absence d'indicateurs mesurables et un décaissement irrégulier, souvent reporté à la fin des périodes électorales.Tasr
Jacques Hoflack Foto: TASR