Des centaines d'adolescents ukrainiens âgés de 14 à 18 ans vivent en Slovaquie sans leurs parents ni tuteurs. Dans leur nouveau pays, ils doivent faire face non seulement à la barrière de la langue, mais aussi à un sentiment de solitude et à la difficulté de trouver du soutien à l'école et dans leur vie quotidienne.
Leur diplôme de fin d'études secondaires est reconnu afin qu'ils puissent accéder à l'université. Sont estimés à environ cinq mille le nombre de ces jeunes âgés de 16 à 18 ans. Parmi eux, environ 3 500 sont inscrits à l'université et certains dans des établissements d'enseignement secondaire.
Cependant, ils ne sont pas tenus de se désinscrire lorsqu'ils partent, par exemple, en Allemagne ou dans un autre pays. Les dossiers sont donc très complexes. C'est pourquoi a été menée une vaste enquête dans les écoles. Il est estimé qu'environ 1 500 à 2 000 élèves se trouvent sur le territoire slovaque sans la tutelle de leurs parents. C'est le groupe le plus vulnérable.
La situation est d'autant plus complexe que ces enfants n'ont pas la pleine capacité juridique puisqu´ils ne sont pas majeurs. Par conséquent, ils ne peuvent pas aller chez le médecin ni à la banque. En bref, ils ne peuvent pas faire ce qu'un adulte peut faire.
La plupart des jeunes ukrainiens passent par des agences spécialisées. Certaines sont très sérieuses, d'autres moins, et d'autres encore pas du tout. Les parents les rémunèrent et elles les font venir en Slovaquie et les inscrivent à l'université. Les agences les plus sérieuses continuent de les accompagner, les moins sérieuses les laissent tout simplement à leur propre sort. Cependant, le désir de ces enfants, et de leurs parents, de fuir cette zone de guerre est si fort qu'ils n'y prêtent pas vraiment attention. C´est ensuite que des problèmes surgissent.
Récemment, une agence de ce type a fait faillite, laissant 40 enfants sans représentant.
L'État assure l'éducation des migrants de moins de 16 ans dans des conditions similaires à celles des citoyens slovaques. Les migrants ont droit à différentes formes d'aide, telles que des allocations logement, des prestations sociales et des programmes d'intégration. Les réfugiés ukrainiens ont donc un accès rapide aux droits et aux aides, mais leur statut est lié à la période de guerre et doivent faire face à des démarches administratives complexes.
D'après des étudiants ukrainiens, obtenir un rendez-vous à la police de l'immigration est un véritable parcours du combattant, et il leur faut parfois jusqu'à six mois pour en obtenir un. La situation est d'autant plus compliquée par l'afflux massif d'étrangers qui, a dépassé les 300 % ces dernières années. Or, les services de police de l'immigration sont confrontés à des problèmes de capacité et de moyens techniques.