Énergie : la Slovaquie propose un moratoire sur le système ETS

Énergie : la Slovaquie propose un moratoire sur le système ETS

Face aux prix élevés de l’énergie, qui menacent la compétitivité de l’Union européenne, il est nécessaire d’adopter des mesures radicales. La Slovaquie propose notamment l’instauration d’un moratoire de quatre à cinq ans sur l’application du système d’échange de quotas d’émission (ETS). C’est ce qu’a déclaré le Premier ministre slovaque Robert Fico dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, publiée hier mardi sur les réseaux sociaux.

Robert Fico a rappelé que, lors de plusieurs réunions du Conseil européen, la Commission européenne avait été invitée à présenter des propositions concrètes visant à réduire les prix de l’électricité pour les secteurs stratégiques de l’industrie européenne. « Avec tout le respect que je dois au travail de la Commission européenne, je dois constater qu’aucun programme concret n’a été présenté. Je suis convaincu que nous devons aborder cette question de manière directe », a-t-il souligné.

Selon le Premier ministre slovaque, la suspension temporaire du mécanisme des quotas d’émission permettrait de relancer et de soutenir de manière significative les secteurs industriels stratégiques. Il s’attend également à ce que d’autres alternatives soient proposées afin de faire face aux prix extrêmement élevés de l’électricité.

La compétitivité de l’Union européenne, qualifiée par Robert Fico « d’alarmante », constitue selon lui l’un des facteurs clés de sa capacité à peser sur la scène internationale. « L’avenir de l’Union européenne dépend largement de notre volonté de continuer à défendre de manière dogmatique des objectifs climatiques excessivement ambitieux et insuffisamment réfléchis, qui détruisent l’industrie stratégique européenne, ou bien d’avoir le courage d’en réduire la portée de manière raisonnable », a-t-il déclaré.

Robert Fico a enfin estimé que la situation dans les secteurs industriels stratégiques est bien plus critique dans les États membres qu’elle ne paraît depuis Bruxelles. Il a rappelé que l’Union européenne a consacré plus de 380 milliards d’euros au soutien de l’Ukraine dans le conflit avec la Russie, un conflit qui, selon lui, n’a pas de solution militaire et monopolise l’agenda du Conseil européen et de la Commission européenne. « Il est naturel que les citoyens des États membres attendent que l’avenir de l’Union européenne bénéficie de la même attention et des mêmes ressources, car sans une économie forte, l’UE demeure vulnérable », a conclu le Premier ministre.
Kristína Hanáková; Foto: TASR

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