Plus de 400 mots à caractère irrationnel sur un ensemble de 10 mille mots. Tel est le score quant à la manière de communiquer du parti gouvernemental slovaque Smer-SD. Ceci résulte d’une enquête effectuée par la société Bisnode qui s’est focalisée sur la façon dont communiquent les huit plus importants partis politiques slovaques. Selon une information publiée par Hospodárske Noviny, le Journal de l’Économie, c’est le parti du premier ministre Robert Fico dont la manière de communiquer s’est avérée être la moins appropriée.
Selon l’analyste de la société Bisnode Milan Petrák « la spécificité du parti Smer-SD réside dans le fait qu’il ne propose pas à ses électeurs une seule valeur à ‘vénérer’, mais s’adresse littéralement à ces derniers par tout un éventail d’expressions très émotives ». Les mots employés par les hommes politiques de gauche issus du parti du premier ministre pour susciter les émotions désirées sont multiples. Par exemple, les mots tel le droit, le non-sens ou la démocratie sont très souvent utilisés, malheureusement – selon l’analyste Ján Baránek – la communication du parti est trop souvent vulgaire. « Si l’on ôtait ce côté vulgaire, le parti Smer pourrait être perçu non pas comme aggressif, mais dynamique » considère-t-il. C’était notamment pendant son premier gouvernement entre 2006 et 2010 que les représentants du parti Smer se sont exprimés d’une manière vulgaire ; par exemple, pendant cette période le premier ministre Robert Fico a qualifié à plusieurs reprises les journalistes d’idiots. Depuis 2012, date du début de son deuxième mandat de premier ministre, quant à l’aggressivité de ses propos, il s’est tout de même adoucie. Selon le politologue Tomáš Koziak, la communication du parti gouvernemental engage plutôt les émotions que la raison. Et de citer à titre d’exemple la dernière session du parlement où les partis de l’opposition ont déposé une proposition de révoquer le premier ministre. Or, l’un des députés appartenant au parti gouvernemental a comparé le président du parti de droite SDKU-DS à un nazi notoire Joseph Goebbels. « Il s’agit d’une déclaration basée sur les émotions, les gens savent que le nom de Goebbels évoque quelque chose de mauvais, mais beaucoup ne savent pas quoi précisement » fait remarquer Tomáš Koziak. En dépit de cette façon de communiquer – si ce n’est précisement à cause de cela – le parti Smer-SD reste toujours largement en tête de tous les sondages portant sur les intentions de vote, le dernier en date lui attribue 37,3%. Il semble donc que les déclarations ciblant directement les gens plutôt qu’un problème particulier suscitent un plus grand écho auprès de la population. Malgré un comportement et une communication plus rationnels des partis de droite, ils voient leurs préférences depuis des années largement en retrait par rapport à celles du parti gouvernemental. Par exemple, le parti Sieť dont nous vous avons parlé récemment et qui n’a vu le jour qu’au printemps de cette année vient en deuxième position derrièere le Smer avec 13%. Les autres partis de droite, quant à eux, doivent se contenter de résultats inférieurs à 10%.