Le marathon sur la motion de censure déposée par les partis de l’opposition contre le Premier ministre s’est achevé hier lundi après plus de 49 heures de débats. Robert Fico reste Premier ministre, puisque l’opposition ne dispose pas de la majorité parlementaire nécessaire. Seulement 53 des 133 députés présents ont voté en faveur de la révocation de Robert Fico.
La motion de censure à l’encontre du chef du gouvernement a battu tous les records dans l’histoire de la vie parlementaire slovaque. En effet, c’est la 1ere fois que les députés se sont réunis en une session parlementaire extraordinaire nocturne organisée pendant le weekend. Jusqu’alors, les députés se réunissaient pendant le weekend, mais uniquement en journée. Cette fois-ci, les députés ont débattu depuis samedi 18h 30 jusqu’à lundi 19h 38, y compris une seule pause d’une demi-heure. La longueur des débats, 49 heures, est aussi un record en ce qui concerne une motion de censure déposée contre un membre du gouvernement.
Aux dires du Premier ministre, Robert Fico, cette session extraordinaire n’était qu’une mise en scène avant les élections municipales. Selon lui, les accusations de l’opposition contre son parti Smer-SD étaient sans fondement. Le Premier ministre a considéré que cette session extraordinaire visait à présenter la Slovaquie comme un pays où tout serait mauvais. Ainsi a-t-il souligné devant les députés qu’en 2012, la République slovaque a connu de grands changements et d’importantes avancées positives.
L’opposition voulait faire tomber le Premier ministre car elle l’accuse d’avoir créé un environnement propice à la corruption en Slovaquie. « Le parti Smer et son gouvernement ont mis en place en Slovaquie un système de corruption et de clientélisme », a déclaré dans son discours le député de l’opposition Ludovit Kanik. Pour lui, l’affaire qui a secoué le ministère de la santé en serait la démonstration. Les députés de l’opposition savaient très bien qu’ils n’obtiendraient pas suffisamment de voix pour révoquer le Premier ministre. Cependant, selon eux, la session extraordinaire ne fut pas vaine : ainsi, ils espèrent que ces débats auront ouvert les yeux de certaines personnes.
A noter que cette session extraordinaire remplaçait celle concernant la motion de censure et la révocation du président du parlement slovaque. Monsieur Paska serait proche des sociétés mêlées à l’affaire de l’achat surfacturé du scanner acquis par l’hôpital de Piestany. Les députés ont rejeté cet ordre du jour. Cette session extraordinaire s’est donc achevée par le vote sur la motion de censure contre Robert Fico.