Voici près de deux mois, nous vous avons informé qu’une association non-gouvernementale à caractère chrétien l’Alliance pour la famille avait recueilli plus de 400 mille signatures auprès des citoyens en faveur de la tenue d’un référendum portant sur les mariages homosexuels. Le président de la République Andrej Kiska a cependant prêté l’oreille à certains spécialistes en droit constitutionnel ayant émis leurs doutes sur le caractère constitutionnel d’un tel référendum.
Monsieur Kiska avait donc demandé à la Cour constitutionnelle de s’exprimer sur les quatre questions proposées aux citoyens dans ce référendum : le mariage doit-il être considéré comme l’union exclusive d’un homme et d’une femme ? Êtes-vous d’accord d’interdire aux couples ou groupes de personnes du même sexe d’adopter et d’élever des enfants ? Une protection renforcée doit-elle être apportée uniquement au mariage en excluant d’autres formes de vie commune ? La dernière question portait sur les cours d’éducation sexuelle, dont le contenu est critiqué par les militants chrétiens, pour donner aux parents la possibilité d’autoriser ou non leur enfant à les suivre. Or, la Cour constitutionnelle a récemment décidé du caractère anticonstitutionnel de la troisième question, c’est-à-dire celle qui empêcherait la reconnaissance législative d’un autre type d’union hormis le mariage. Maintenant, c’est au président de la République de trancher sur la tenue ou non de ce référendum réduit à trois questions. Plusieurs spécialistes en droit constitutionnel estiment que le président devrait aller au-devant des organisateurs et permettre la tenue du référendum.
L’avis de la Cour constitutionnelle laisse cependant beaucoup de mécontents tant du côté des partisans que des opposants à cette consultation populaire. D’un côté, Anton Chromík, porte-parole de l’Alliance pour la famille, a déclaré lors d’un briefing improvisé devant le palais présidentiel qu’il ne s’agit pas d’une victoire, bien au contraire : « Les bons citoyens sont devenus victimes du système. La Cour constitutionnelle leur a défendu de s’exprimer sur ce qu’est la famille, ce qui est un scandale. » Et en collant sur sa bouche une grande lettre X rouge, il a refusé de répondre à d’autres questions. L’initiative civique Inakosť, Altérité, qui défend les droits de la communauté LGBTI, se dit aussi déçue par la décision de la Cour constitutionnelle, s’attendant à ce que cette dernière rejette ce référendum en son intégralité. « L’intention cachée des organisateurs de ce référendum est d’empêcher une partie des citoyens slovaques d’avoir accès au mariage, à l’adoption et au partenariat reconnu par la loi, qui relèvent du droit à la vie privée, et ils veulent de plus sceller ce statu quo pour l’avenir », a expliqué Martin Macko, à la tête de l’initiative. Plus d’informations dans notre magazine de mercredi.