Voici peu de temps, nous vous avons parlé d’une enquête internationale concernant le minimum financier nécessaire pour mener une vie décente dans un certain nombre de pays du monde. En Slovaquie et selon le résultat de l’enquête précitée, cette somme est fixée à 250 euros mensuels par personne. Or, il faut dire que le salaire minimum dans notre pays n’est que de 100 € supérieur. Ceci changera à partir de janvier 2015, moment à partir duquel le salaire minimum devrait connaître une importante augmentation et passer à 380 €. Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette mesure n’est pas au goût de tous, les employeurs et les économistes considèrent que sans l’adoption de mesures supplémentaires, cette hausse du salaire minimum, à elle seule, conduira inévitablement à des vagues de licenciement, des milliers de salariés pourraient être concernés.
Ainsi selon le président de l’Association des unions d’entrepreneurs Branislav Masár, « cette plus importante augmentation du salaire minimum dans toute l’histoire peut même avoir pour conséquence dans certains cas l’arrêt de l’activité de l’employeur et la perte de l’emploi pour ses salariés ce qui est, à mon avis, beaucoup plus mauvais qu’un salaire moindre ». Toutefois, le Ministère du travail rejette cette opinion en évoquant son analyse qui n’a pas démontré un tel risque pour le taux d’emploi. D’un autre côté, l’analyste de l’institut INESS Ján Dinga met en cause les calculs faits par le ministère, selon lesquels la hausse du salaire minimum ne concernerait que quelques 110 mille travailleurs et représenterait pour les employeurs un surcoût relativement négligeable de 34 millions d’euros. Selon lui, le ministère ne prend pas en considération la reconnaissance par la législation slovaque de pas moins de six types de salaire minimum selon les exigences du travail ; ainsi, 100 mille autres salariés seraient concernés. Et Ján Dinga de souligner la nécessité d’adopter des mesures de compensation pour ne pas mettre en péril ces emplois. Quant à la Confédération des syndicats, son président Jozef Kollár réfute l’éventualité d’un tel scénario : il rappelle que pas une seule augmentation dans le passé n’a mené à des pertes d’emploi malgré les mises en garde des employeurs. Et d’ajouter que c’est la Charte sociale européenne qui garantit la hausse du salaire minimum. Même si ce dernier sera porté à 380 €, il ne pourra pas assurer une vie décente aux salariés et leurs familles.