Aux dires du ministre de l’Economie Pavol Pavlis, si l’Union européenne envisageait des compensations pour les Etats membres touchés par la réduction des livraisons de gaz en provenance de la Russie, la République slovaque devrait être la première à y avoir droit. En effet, la Slovaquie a rempli tous ses engagements dans le cadre de l’Union européenne. Le ministre a chargé son Secrétaire d’Etat d’entamer des entretiens sur ces compensations avec le Commissaire européen à l’énergie Günther Oettinger.
Le ministre rappelle que la Russie évoque officiellement des problèmes techniques pour expliquer cette diminution des livraisons de gaz. Il admet néanmoins que cette réduction s’inscrit dans une lutte politique.
Le ministre Pavlis a informé que hier, dimanche, 43,1 % du gaz avait été livré en Slovaquie ; la veille, c’était 44,7 %. Néanmoins, le manque de gaz est toujours inférieur à sa consommation en Slovaquie. S’il devait y avoir une situation de crise, le gouvernement serait prêt à y faire face. La société slovaque de gaz (SPP) est prête pour la saison hivernale : les réservoirs de gaz sont remplis de 94% à 99 %. On est prêt également au flux réversible en provenance de l’Ouest.
Quant à la stratégie de la diversification de l’importation du gaz, du pétrole et des combustibles nucléaires, le ministre Pavlis a assuré que l’Etat se devait de protéger les intérêts des citoyens et d’offrir des solutions leur évitant de devenir les otages de la Russie. Il est conscient du fait qu’il faut diversifier les sources énergétiques. Aujourd’hui, le système d’inversion du flux de gaz est devenu une réalité, alors que ce n’était encore qu’une utopie en 2009, au moment de la crise gazière. La Slovaquie compte dans ses réservoirs plus de 2 milliards de m3 de gaz, la société SPP a signé des contrats pour recevoir des livraisons de gaz en provenance de l’Europe de l’Ouest. La société Transpetrol travaille à la possibilité de livraison de pétrole via la Hongrie par l’oléoduc balkanique Adria. La Slovaquie pourrait ainsi se libérer de sa dépendance au pétrole russe tout en permettant à la raffinerie slovaque Slovnaft et la société Transpetrol de développer des contrats commerciaux avec l’Europe du Sud-Est.