C’est en 2011 que la droite slovaque s’est engagée dans une voie qui s’est par la suite avérée être celle de sa décomposition. Rappelons les circonstances : lors d’un vote sur le renforcement du Fonds européen de stabilité financière en octobre 2011, le parti libéral SaS faisant partie de la coalition gouvernementale dirigée par la première ministre Iveta Radičová, choisit l’abstention, rejoignant ainsi le parti d’opposition Direction – Social-démocratie (Smer-SD), faisant échouer l’approbation du texte à la majorité absolue. La première ministre ayant engagé sa responsabilité sur ce vote, perd de ce fait la confiance du Parlement. Les élections anticipées qui se sont tenues en mars 2012 ont vu une victoire écrasante de Robert Fico et de son parti Direction – Social-démocratie (Smer-SD). Depuis ce vote de confiance mis en échec la droite slovaque s’est embourbée dans un imbroglio de reproches et de rejet réciproques, et il semble que l’unification de ses forces éparpillées n’est pas d’actualité.
Ainsi, les commentateurs politiques s’arrêtent sur le congrès de l’ancien parti de droite le plus fort, SDKU-DS dont le président et fondateur dans la période de sa plus grande audience Mikuláš Dzurinda était pendant huit ans premier ministre. Son actuel président Pavol Frešo s’efforcera samedi prochain de défendre sa position de leader face à son adversaire, l’ancien député Ondrej Matej. Or, ce dernier ne sera pas le seul à s’opposer contre Pavol Frešo. L’association de la jeunesse SDKU-DS Nouvelle génération a voici quelques jours annoncé qu’au cas où Pavol Frešo resterait président du parti, elle convoquera son propre congrès pour se séparer du parti. Selon le politologue Ján Baránek, il semble que le SDKU-DS qui a obtenu lors des dernières élections seulement 6,09% « soit depourvu d’instict de survie ». Toutefois, l’ensemble des autres partis de droite slovaque n’en sont aparemment pas munis. L’un d’entre eux, le parti Nova, fondé par l’ancien député du Mouvement démocrate-chrétien et ancien ministre de l’intérieur Daniel Lipšic, qui a profité du départ d’un groupe de député mécontents du parti libéral déjà cité SaS qui l’ont rejoint a informé que ces derniers le quittent. Et on ne peut pas omettre le très conflictuel personnage de Igor Matovič, président du mouvement Gens ordinaires et personnalités indépendantes, qui mène la vie dure à Radoslav Procházka, ancien député, lui aussi, du Mouvement démocrate-chrétien et président du nouveau parti de droite Sieť. Ce dernier, bien que fondé voici juste quelques mois, a su déjà – à en croire les sondages – réunir le plus grand nombre d’intentions de vote de l’électorat de droite. Cependant, selon le politologue Michal Horský l’éclatement du centre et de la droite slovaques atteint un tel niveau que ces partis ne représentent pas actuellement une alternative à la politique gouvernementale. Pour le moment, toutes les déclarations des représentants de ces partis portant sur la nécessité de réunification des forces restent lettre morte et ceux-ci continuent de s’épuiser dans des guéguerres qui peuvent à coup sûr leur coûter les voix de leurs sympathisants.