Le 41e salon international de l’agriculture et de l’alimentation a fermé ses portes ce dimanche à Nitra (Slovaquie occidentale). Il se doublait de la 9e édition du salon de l’élevage. Cette année, l’un des thèmes fut « 10 ans d’agriculture slovaque au sein de l’Union européenne ». Dans ce cadre, la Représentation permanente de la Commission européenne en Slovaquie a tenu une conférence de presse en direct de l’un des pavillons. Et le bilan de ces dix ans est plutôt positif malgré les problèmes qui persistent. Un optimisme assombri par l’ombre de l’embargo russe qui planait sur la foire de l’agriculture.
Sur fond de crise russe
La décision de la Russie d’interdire sur son territoire les exportations de denrées alimentaires européennes était dans toutes les discussions à la foire de l’agriculture. Lors de son inauguration, le Premier ministre Robert Fico a déclaré que certaines industries pourraient rencontrer des problèmes même si les exportations agroalimentaires en Russie n’étaient pas déterminantes pour la Slovaquie. Beaucoup plus dangereuse est la pression exercée sur l’offre alimentaire et les prix, qui pousse à la spéculation et augmente les risques sanitaires en apportant sur le marché les produits de mauvaises qualités. Le gouvernement entend augmenter les contrôles à toutes les étapes de la chaine alimentaire.
Pour une consommation patriote
Le ministère de l’agriculture Ľubomír Jahnátek a appelé les consommateurs slovaques à soutenir les producteurs locaux. Depuis le début de l’année, la part des ventes des denrées slovaques sur le marché intérieur a atteint les 60 %. En choisissant de plus en plus les produits de leur terroir, les Slovaques optent donc pour une consommation patriote. La demande est plus forte de la part du consommateur, ce qui a de quoi réjouir le ministre. L’industrie alimentaire commence à saisir le bénéfice qu’elle peut tirer de ce patriotisme. C’est la première fois que l’on note une augmentation de l’emploi dans ce secteur.
Bilan positif de la PAC
Un autre thème concernait l’entrée de la Slovaquie dans l’Union Européenne (UE). Elle a permis de stabiliser le secteur de l’agriculture. Malgré les problèmes qui persistent dix ans plus tard, cette adhésion fut bénéfique pour les agriculteurs slovaques. C’est la conclusion à laquelle les représentants du secteur sont arrivés lors de leur rencontre consacrée aux dix ans d’adhésion de la Slovaquie à l’UE lors de cette foire de l’agriculture de Nitra. Plus concrètement, grâce au premier pilier de la Politique agricole commune (PAC), le revenu moyen de base des agriculteurs slovaques s’est stabilisé. L’assurance d’un soutien de l’UE leur a permis d’avoir accès à des prêts bancaires pour soutenir leur activité économique. C’est ce qu’à déclaré lors de ce salon la secrétaire d’Etat à l’agriculture Magdaléna Lacko-Bartošová. Grâce au deuxième pilier, la Slovaquie a pu dégager des moyens financiers pour soutenir le développement des zones rurales, augmenter la compétitivité de l’industrie agroalimentaire, sauvegarder la production nationale, tout en préservant l’emploi. Selon le représentant de la Commission européenne en Slovaquie Dušan Chrenek, le programme de développement des villages a été utilisé par plus de 1500 fermes pour moderniser leurs installations, et plus de mille petites communes. Selon monsieur Chrenek, les fermiers slovaques craignaient ce grand marché lors de l’entrée dans l’UE; craintes infondées puisque les agriculteurs slovaques sont concurrentiels et qu’ils exportent quatre fois plus de denrées qu’avant l’adhésion.
Tout n’est pas rose cependant. Dix ans plus tard, des différences de revenus existent toujours entre les anciens et les nouveaux membres de l’UE. Les importations des produits agricoles des anciens membres ont augmenté en Slovaquie. Pour compenser ces effets négatifs, le budget européen pourrait consacrer à l’agriculture slovaque une enveloppe de plus de 4,6 miliards d’euros entre 2014 et 2020. Plus de trois milliards seraient consacrés aux revenus des agriculteurs, le reste allant au développement régional.
sita, tasr