La corruption en Slovaquie ne serait pratiquement jamais condamnée. C’est ce que déclare Transparency International Slovensko (TIS). Le tribunal chargé des affaires de corruption conteste cette analyse.
Petite et grande corruption
L’organisation non-gouvernementale se base sur une étude des verdicts remis par le Tribunal pénal spécial de Pezinok, soit 239 affaires traitées entre 2012 et 2014. 48 % des affaires de corruption concernaient des montants inférieurs à 20 euros, 25 % des sommes de plus de 100 euros et seulement 5 % touchaient des affaires de grande corruption en rapport avec les marchés publics, les fonds européens ou les élections. Le chef de TIS Gabriel Šípoš de conclure lors de la conférence de presse que la corruption reste pratiquement impunie. Il évoque le faible contrôle public et fait remarquer que le citoyen est condamné plus souvent que le fonctionnaire et que les peines sont inégales : « Outre le fait que la corruption reste pratiquement impunie, les quelques affaires menées à leur terme concernent la petite corruption. En gros, la moitié des verdicts concernent des corruptions de moins de 20 euros. Les cas concernant la corruption et les manipulations lors de procès ou le lobbying pour modifier la législation sont exceptionnels et se comptent sur les doigts d’une main. » Les membres de TIS sont persuadés que les institutions clés qui permettent de détecter efficacement la corruption sont la police et le ministère public. Il faudrait mettre à leur tête des personnes qui obtiennent des résultats et possèdent une moralité et un crédit envers la lutte contre la corruption. Le TIS pointe également le rôle du parlement qui devrait mettre en place une législation efficace obligeant les fonctionnaires à déclarer leur patrimoine et protégeant les personnes qui dénoncent la corruption.
Les preuves manquent
Par la voie de son porte-parole, le Tribunal pénal spécial a fermement réagi à ces allégations en déclarant que chaque affaire était traitée avec la même importance et que toute corruption était un crime : « Le code pénal ne connait pas de petite corruption. » Le tribunal rappelle qu’il n’est pas aisé de trouver des preuves quand il n’y a pas de flagrant délit : « La corruption qui s’est déroulée il y a une heure est difficile à étayer par des preuves. Une image et une voix sur le lieu même, voilà le cas de figure idéal qui n’arrive presque jamais. » Et d’avancer des chiffres : en 2012, 193 affaires ont mené à des peines, soit moins qu’en 2010 (244 condamnations). La plupart des verdicts concernent des individus qui ont voulu corrompre l’administration locale (transports et sécurité sociale) pour faire avancer positivement leur dossier.
tasr