La presse et les médias slovaques reprennent l’entretien accordé voici quelques jours par le ministre des finances slovaque Peter Kažimír à la chaîne de télévision américaine CNBC et qui concernait l’Ukraine et la position de notre pays face au conflit qui ne cesse de secouer l’Est de notre voisin oriental. Selon Peter Kažimír, la Slovaquie est un des pays européens présentant une croissance la plus dynamique. Cependant, le voisinage avec l’Ukraine représente un risque pour l’économie slovaque.
« Il s’agit actuellement du plus important risque que nous ressentons. D’autant que nous sommes un pays qui est entièrement dépendant des livraisons du gaz et pétrole russes. Le conflit qui a lieu tout juste de l’autre côté de notre frontière est un véritable risque pour nous » a-t-il exprimé. Or, 83,5% du gaz naturel consommé par la Slovaquie provient de la Russie. Pour se représenter le rôle de l’Ukraine dans l’acheminement des substances énergétiques russes il suffit de dire que deux tiers du gaz russe traversent cette dernière. La Slovaquie a récemment signé un mémorandum avec l’Ukraine concernant l’inversion du flux de ce gaz et s’occupe à l’heure actuelle à constituer une réserve en gaz pour la saison hivernale. À la question de l’animatrice de savoir si ce renversement de flux n’entraînera pas la Slovaquie dans un conflit qui l’opposerait à la Russie, le ministre des finances a répondu que la Slovaquie était toujours « au milieu, c’est notre destin. Nous devons négocier avec Gazprom et il est de première importance pour nous de se constituer des réserves de gaz pour l’hiver prochain », fin de citation.
Il faut ajouter à cela que l’économie slovaque se trouve à nouveau devant le risque – et il ne semble malheureusement pas si éloigné que cela – d’arrêt des livraisons du gaz russe, cette situation s’étant déjà produite en 2009. Cette fois, la raison serait la dette ukrainienne envers le géant ruse Gazprom, chiffré par ce dernier à 3 milliards 320 millions d’euros. Voici trois semaines la Russie a pris la décision de ne livrer le gaz à l’Ukraine que si celle-ci s’acquitte de son paiement à l’avance. Pour le moment, la Russie garantit les livraisons aux clients européens sous condition que l’Ukraine ne prélèvera pas illégalement du gaz sur les volumes destinés à ces derniers. Toutefois, il existe un risque réel que la période hivernale pourrait conduire les Ukrainiens à ne pas respecter cette condition posée par les Russes. Dans ce cas de figure, les livraisons seraient coupée également à la Slovaquie. Selon le premier ministre Robert Fico, notre pays est prêt à faire face à une crise éventuelle s’assurant les livraisons du gaz via l’Autriche et la Tchèquie.