Plusieurs événements électoraux récents ont troublé l’autosatisfaction du parti Smer-SD de Robert Fico, qui pour la deuxième fois tient les rênes du gouvernement. Or, il semble qu’apparaissent les premiers signes d’un affaiblissement d’un parti qui est trop souvent considéré comme une sorte de jumeau – certes, en plus subtil – du parti HZDS de l’ancien Premier ministre des années 90 Vladimír Mečiar. Dans les deux cas, il s’agit de partis dont les structures et les membres qui les forment répondent au principe de l’obéissance à un seul homme sans lequel le parti ne peut exister. Ainsi, quand Vladimír Mečiar a quitté le parti, le HZDS a progressivement disparu de la scène politique.
La comparaison s’arrête là et pour l’heure le Smer-SD est bien loin de ce scénario catastrophe. Cependant, un faible taux de participation aux élections européennes – pourtant une « tradition » chez l’électeur slovaque –, les préférences électorales dans les sondages qui vont en diminuant, et surtout la défaite du Premier ministre Robert Fico à la présidentielle face à Andrej Kiska, ont eu de quoi faire paniquer le Smer-SD et provoquer l’organisation de ce congrès extraordinaire. Ce dernier a eu lieu ce samedi à Bratislava.
Malgré les spéculations concernant les changements éventuels aux hauts postes dans le bureau du parti, le congrès n’a finalement abouti qu’à l’annonce de changements de personnes au niveau régional. Or, la façon dont les représentants du parti Smer-SD informent depuis des années sur le débat en son sein sur divers problèmes politiques, économiques ou sociétaux –ce congrès exceptionnel ne faisant pas exception – témoigne plutôt d’un semblant de discussion : en théorie, chacun est libre de dire ce qu’il veut, mais en pratique c’est toujours le président du parti Robert Fico qui décide et qui fixe la position à adopter. Par exemple, Marek Maďarič, ministre de la culture et chef de la campagne présidentielle de Robert Fico, a annoncé son intention de démissionner de son poste de vice-président du parti et de ne plus se représenter pour candidat. Il a cependant été solennellement confirmé dans ses fonctions par Robert Fico, ce dernier lui ayant exprimé sa confiance en proposant sa réélection dans cette fonction. Inutile de dire que Marek Maďarič a été confirmé dans celle-ci par les membres du parti réunis au congrès. Cependant, et malgré la critique adressée par le président du parti à un destinataire aussi indéfini que les « structures régionales », Robert Fico n’a mentionné aucune erreur de sa part. Le déroulement du congrès exceptionnel du Smer-SD a eu droit aux commentaires ironiques de la part des journalistes qui n’hésitent pas à comparer le fonctionnement de ce parti à celui – toujours aussi uni et sans aucun débat ou échange d’idées intérieur réel – du Parti communiste.
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