Une oeuvre d’art provoque un incident diplomatique entre la Slovaquie et la République tchèque. Le ministre de la culture Marek Maďarič a retiré les subventions d’un montant de 5000 euros allouées aux organisateurs de l’exposition Nationalisme privé à Kosice (est de la Slovaquie). Pour quelle raison ? Parce que le drapeau tchèque était déposé sur le sol à l’entrée de l’exposition comme un vulgaire paillasson.
L’oeuvre de Dalibor Bača avait scandalisé le monde politique tchèque, certains qualifiant l’installation non pas d’artistique mais de « débile » , au point que l’ambassadrice de la République tchèque en Slovaquie, Madame Livia Klaus (d’origine slovaque) s’en était émue auprès du ministre de la culture et du bureau du gouvernement slovaque. Une pétition circule en Tchéquie, demandant l’interdiction de l’installation qui doit circuler dans d’autres pays de la région. Serait-ce d’ailleurs un crime ? Les pénalistes de chaque côté de la frontière ne s’accordent pas sur la question.
Outre le retrait de l’aide accordée par le ministre de la culture, les organisateurs s’attendent également à ce que le bureau du gouvernement retire sa subvention de 3000 euros, ce qui mettrait en péril l’exposition selon son curateur. Les artistes sont entrés en résistance face à cette décision de leur ministre : ils ont déposé des répliques de l’oeuvre incriminée dans une quinzaine d’autres galeries. Selon le représentant de la protestation, il est hors de question que les artistes se laissent dicter par les hommes politiques ce qui est autorisé ou interdit en matière d’art. Il juge intolérable que des « grosses huiles » s’arrogent le droit de retirer des subventions sur base d’une interprétation erronée de l’oeuvre.
Art ou provocation ?
L’auteur se défend en précisant qu’il a utilisé le drapeau tchécoslovaque utilisé avant 1993 ; avec cette installation il aurait voulu montrer que l’Etat tchécoslovaque a été détruit par deux nationalisme, c’est pour cela que le drapeau est symboliquement à terre. Selon l’artiste, le visiteur est confronté à la question suivante lorsqu’il se trouve au pied de ce drapeau : doit-il en faire le tour ou le fouler ? C’est au visiteur d’en décider. Autre interprétation de la part de l’ambassadrice tchèque qui voit le drapeau déposé comme un vulgaire paillasson.
Face aux critiques des artistes, le ministre de la culture déclare n’empêcher quiconque de considérer comme une œuvre d’art des drapeaux nationaux déposés sur le sol, mais que l’Etat se réservait le droit de ne pas soutenir financièrement un projet qui remettait en cause les excellents liens diplomatiques que la Slovaquie entretient avec la République tchèque.
sme