Elections européennes : le paradoxe slovaque

Elections européennes : le paradoxe slovaque

Europhilie et abstentionnisme, ainsi se définit le paradoxe slovaque pour ces élections européennes.

Le paradoxe slovaque, c’est ce qu’on entend dans les couloirs de l’Union européenne quand on parle des prochaines élections. Les Slovaques, qui viennent de fêter leurs dix ans dans l’Union européenne, ont une vision positive de cette adhésion. Pourtant, ils participent fort peu aux élections parlementaires. Et pour le prochain scrutin, les sondages annoncent un taux aux alentours des 20 %, la Slovaquie se retrouvant en queue de peloton de l’Union européenne pour la participation à ces élections. Et les hommes politiques ne voient pas comment résoudre ce paradoxe.

Faible mobilisation

Ceux-ci n’ont pas trouvé de remède pour soigner ce manque d’intérêt pour ces élections européennes. Lors de la première participation du pays au scrutin en 2004, le taux de participation n’était que de 17 %. Il était de 20 % en 2009 ; des chiffres parmi les plus bas de l’Union européenne, avec la Lituanie (21 %) et la Roumanie (27 %). Par comparaison, ce taux est de 91 % au Grand-Duché de Luxembourg et de 86 % en Belgique. Précisons que le vote est obligatoire dans ces deux pays. Les prévisions des sociologues et politologues n’annoncent pas d’inversion de la tendance pour ces prochaines élections : environ 20 % des Slovaques devraient glisser leur bulletin dans l’urne européenne.

Trop europhiles pour se rendre aux urnes ?

Pourquoi ce manque d’intérêt ? Pour le sociologue Martin Slosiarik, les Slovaques ne se rendraient pas encore bien compte que beaucoup de décisions se prennent désormais à Bruxelles et que le parlement national ne fait qu’entériner les mesures législatives prises à Bruxelles. Les Slovaques penseraient également que leur 13 eurodéputés siégeant au parlement européen auraient peu de poids. Ils sous-évalueraient également la stratégie consistant aux eurodéputés du groupe de Visegrad ou V4 (Slovaquie, Pologne, République tchèque, Hongrie) de s’unir sur certaines questions. Stratégie dont d’ailleurs l’éventualité n’a pas été évoquée dans la campagne.

Allez voter !

Le monde politique réuni lors de la session de la Convention nationale de l’UE ce mardi a invité les citoyens à se rendre aux urnes. Le président Gasparovic a rappelé qu’il n’y avait aucune raison pour  se distancier de Bruxelles. Les citoyens devraient prendre en compte et évaluer le travail des députés slovaques à Bruxelles. Le président, le Premier ministre et le chef de la diplomatie ont aussi évoqué le paradoxe slovaque. Et Robert Fico de déclarer que si le citoyen n’appréciait pas la régulation de certains secteurs, le manque d’information sur le travail des eurodéputés, il n’y avait qu’une seule solution, se déplacer le samedi 24 avril pour aller voter. Et de préciser que si le déficit démocratique était la critique principale formulée à l’encontre de l’UE, le parlement européen était justement la seule institution élue directement par le citoyen européen. Il évoque aussi le manque de thèmes européens conflictuels ; les gens se déplaceraient aux urnes s’ils voyaient plusieurs alternatives, s’ils sentaient que s’y rencontrent des avis différents.

Or, comme l’optimisme européen règne en Slovaquie, il n’existe pas de tels défis. Pour rappel, la Slovaquie est représentée au PE par 13 députés. Ajoutons encore qu’ont été enregistrés en Slovaquie pour  ces européennes  333 candidats dont 80 femmes pour prendre place sur les bancs du PE.

pravda

 

 

Jacques Hoflack

Živé vysielanie ??:??

Práve vysielame