L’Institut pour la mémoire nationale ÚPN a rendu public le nom de 500 personnes qui ont servi le ŠtB, l´équivalent du KGB en Slovaquie. Ce fut à la fois un service de renseignement et une police polique constituant le bras répressif de l´oppression communiste.
Une liste de 473 nouveaux noms de personnes qui ont servi le ŠtB de Banska Bystrica, en Slovaquie centrale, de 1975 à 1989, a été livrée par l’Institut pour la mémoire nationale. Certains noms sont même accompagnés de photographie. Sur les pages internet se trouvent en libre consultation leurs noms et prénoms ainsi que le bureau auquel ils travaillaient. Lors de la conférence de presse, le président du conseil d’administration de l’institut Ondrej Krajňák a précisé qu’il s’agissait d’individus directement impliqués dans les persécutions. Il est possible de consulter leur dossier sur demande. L’Institut poursuit sa reconstitution de l’organisation de la structure du ŠtB pendant la normalisation; fin de l’année devrait être terminée la section de Bratislava.
L’Eglise et la jeunesse en ligne de mire
Au temps de la normalisation, le ŠtB a commencé à mettre l'accent sur la prévention des troubles. Outre sa lutte contre la Charte 77 (pétition signée par des dissidents au régime communiste), ils ont porté une attention particulière à l’Eglise catholique romaine et aux sectes, surtout les témoins de Jéhovah. A la fin des années 80, ils se sont concentrés principalement sur la jeunesse et ses activités, suivant par exemple la culture punk et les concerts de rock. Comme le rappelle le directeur de la section des documents de l’Institut Marián Gula, les gens étaient effrayés, ils commencèrent à craindre pour leur famille et les enfants, pour leurs études. Le documentaliste évoque aussi plusieurs opérations par le ŠtB ciblées sur certaines personnes. Par exemple, l’opération Chapitre qui visait le futur évêque de Banska Bystrica Mgr Rudolf Baláž. Le ŠtB le suivait déjà depuis 1969. Les dossiers démontrent qu’à la même période, le ŠtB voulait le compromettre, puisqu’il était considéré comme le candidat de l’opposition à l’évêché. Dès 1985, les services se doutent que Baláž puisse devenir évêque soit cinq ans avant son ordination. L’opération Moulin fut aussi menée à l’encontre de Hana Ponicka l’une des signataires de la Charte 77.
Les antichambres de la conspiration
L’Institut pour la mémoire nationale a aussi publié la liste des appartements de fonction des anciens Services de sécurité de l’Etat. L’Institut a relevé dans ses archives depuis 1969 177 appartements, dont 17 pour la Slovaquie. Bratislava en comptait huit. Leurs adresses précises sont indiquées sur la page web de l’Institut. Et ce sont seulement ceux mentionnés dans les dossiers. Il y en avait certainement plus, selon l’un des chercheurs de l’Institut Michal Miklovič. Ces endroits de conspiration servaient uniquement de lieux de rencontre pour les employés du ŠtB et leurs collaborateurs.
pravda