Le Premier ministre a identifé trois menaces pour la Slovaquie découlant de la situation ukrainienne. La première, c’est le conflit armé en Ukraine et la possible déstabilisation de l’Etat ; la menace d’un conflit interne est élevée sur le territoire de certaines régions ukrainiennes. Le deuxième danger concerne l’arrêt de l’approvisionnement en gaz pour la Slovaquie. Enfin, les possibles sanctions économiques que pourrait adopter l’UE à l’encontre de la Russie. Selon Robert Fico, la Slovaquie ne devrait pas connaitre de grands problèmes dans le cas de l’arrêt des livraisons de gaz. Le pays s’est déjà assuré de l’approvisionnement venant de l’ouest via l’inversion du cours du gazoduc. Encore faut-il que les réserves soient disponibles.
Des réserves de gaz suffisantes ?
La Slovaquie a besoin d’environ cinq milliards de m3 de gaz par an. Le ministre Fico s’est entretenu à ce sujet par téléphone avec le vice-premier ministre américain Joe Biden et a reçu une lettre du président russe Vladimir Putin. Bratislava est capable de venir en aide à Kiev mais demande à ce que les négociations se déroulent entre plusieurs parties réunissant autour de la table non seulement la Slovaquie mais aussi l’UE, la Russie et le pays concerné. On ne sait si une telle réunion se tiendra. La Slovaquie est en même temps en train de vérifier si l’inversion du cours du gaz signifierait la rupture du contrat avec Gazprom, ce que la Slovaquie et d’autres pays européens verraient comme une sanction de la Russie via le géant du gaz.
Qui payera la facture ?
Il est évident pour Robert Fico qu’actuellement l’Ukraine est incapable d’honorer ses factures. La Slovaquie veut bien aider l’Ukraine mais elle doit avoir l’assurance que quelqu’un la remboursera. Et selon le Premier ministre le meilleur garant, ce serait Bruxelles. Selon le chef du gouvernement, le risque de rupture en gaz sur le territoire slovaque est bien réel. L’Ukraine est incapable de payer ses propres factures en gaz ; tout le monde sait qu’elle a cessé de remplir ses réservoirs, ce qui peut progressivement stopper son acheminement en Europe. Il faudrait 11 milliards de m3 à disposition pour que l’Europe soit assuré en gaz et l’Ukraine devrait payer plus de 5 milliards de dollars.