Ce prochain dimanche 21 juin marquera le 29ème anniversaire de l'évacuation du territoire tchécoslovaque du dernier convoi des forces armées soviétiques, personnel et matériel militaire.
Au terme des 16 mois nécessaires aux opérations d'évacuation, 73 500 militaires de tous grades et près de 40 mille membres de leurs familles, 1220 chars, 2505 engins de combat de l'armée de terre ont quitté le territoire tchécoslovaque.
Adieu aux forces soviétiques après 23 ans d'occupation
L'armée soviétique était présente en Tchécoslovaquie depuis le 21 août 1968, lorsque les troupes du pacte de Varsovie ont envahi puis occupé durablement son territoire. Cette occupation annoncée initialement comme devant être de nature provisoire par cet invité importun avait duré alors près de 23 ans.
L'omni présence des unités de forces armées étrangères a constitué l'une des circonstances des plus frustrantes de la période dite de normalisation. Dans le suivi immédiat de la révolution de velours, en novembre 1989, la demande du retrait des forces militaires soviétiques de la Tchécoslovaquie a été l'une des toutes premières exigences exprimée tant par la population que la classe politique et ses nouveaux dirigeants.
Pollution et dommages
Dans le suivi progressivement, les soldats soviétiques et leurs familles établis dans le pays l'ont quitté. Dans cet épisode tragique de l'invasion d'août 1968 le bilan en pertes humaines innocentes s'est chiffré à 108 personnes tuées, dont 31 Slovaques. A leur départ le comportement des troupes d'occupation dans les casernes qu'elles avaient réquisionnées s'est révélé particulièrement dommageable, voire même condamnable, et de toute évidence et pour le moins désolant. Les forces soviétiques ont déversé sur le sol de grandes quantités de carburants de toutes sortes allant de l'essence ordinaire au kérosène qui se sont profondément infiltrés dans le sol. Les sites à avoir été les plus pollués se sont trouvés être plus particulièrement ceux de la base aérienne de Sliač, et les casernements de Vlkanová et Rimavská Sobota.
Depuis 1993, les opérations de dépollution des sols et d'épuration des eaux des nappes phréatiques et rivières alentours ont entrainé des dépenses considérables quasiment inchiffrables avec précision. Le ministère de l'environnement consacre, aujourd'hui encore, des sommes importantes amputant son budget pour éliminer toute trace de pollution des terrains qui ont été endommagés par ces actes de malversation.
Premier monument consacré au départ des occupants est à Sliač
Michael Kocáb est un compositeur, chanteur et activiste politique tchèque qui au début des années 1990 était président de la commission parlementaire surveillant le retrait des troupes soviétiques de l'ancienne Tchécoslovaquie. Il a engagé dans cette mission toutes les forces et l'énergie dont il disposait. Le 27 juin 2016 à l'aéroport de Sliač, Michael Kocáb et l'ancien Président de la République slovaque Andrej Kiska ont dévoilé un monument dédié à la fin de cette période historique douloureuse et dévastatrice d'occupation.
La Slovaquie est le premier pays des pays occupés de l'ancien bloc de l'est, à avoir, après des bustes et plaques commémoratives, édifié un véritable monument mémorial rappelant cette période noire durant laquelle et au long de 23 ans les troupes soviétiques ont pesé négativement sur la vie dans notre pays de manière pratiquement indélébile dans les mémoires de ceux qui les ont vécues.
rsi, upn