Suite à la suppression des droits de douane à l’importation des aliments en provenance de l’Ukraine, par l’UE, qui par ailleurs s’avèrent déjà moins chers, les commerces de produits alimentaires en Slovaquie seront bientôt envahis par ceux-ci. Les volailleurs slovaques tirent la sonnette d’alarme. Des viandes radioactives contaminées par les retombées de Tchernobyl seront-elles importées?
Selon les spécialistes des services d’hygiène attachés à la surveillance de la radioactivité pouvant impacter les produits alimentaires, les craintes des volailleurs slovaques ne sont pas justifiées. Le contrôle des aliments en Ukraine est sévère de ce point de vue.
Le président de l’Union des volailleurs slovaques Daniel Molnar a reconnu que son organisation n’a aucune expérience avec des produits ukrainiens. Il est donc difficile de juger de leur la qualité. Néanmoins, la volaille ukrainienne sur les étals slovaques suscite les craintes. Surtout celle provenant de la région de Tchernobyl, car le sol y est toujours contaminé. En plus, il est difficile de savoir d’où provient la viande ukrainienne Ce problème cependant concerne d’autres produits issus de divers autres pays. Le producteur n’est pas obligé d’informer le consommateur d’où vient la viande qu’il consomme. Cette obligation n’entrera en vigueur qu’en avril 2015. Les volailleurs slovaques redoutent aussi des bas prix ukrainiens. Ils ont des approvisionnements bon marché et donc leurs produits sont beaucoup moins chers que leurs homologues slovaques, s’inquiète Daniel Molnar de l’Union des volailleurs. La faible part de la volaille slovaque dans nos magasins pourrait s’abaisser encore avec l’arrivée de cette concurrence.
Après la suppression des droits de douane les fermiers et les producteurs agro-alimentaires slovaques devront déployer de gros efforts et se battre pour conserver des parts de marché. Non seulement les volailleurs, mais aussi les fruitiers et les cultivateurs de céréales sont en éveil. De quoi ont-ils peur ?
Ils s’inquiètent de l’impossibilité dans laquelle ils risquent de se trouver de pouvoir placer leur production sur le marché. Aux dires de Jozef Urminsky de l’Association des cultivateurs de céréales, on peut s’attendre à une importation importante de blé, de tournesol, des plantes oléagineuses ou du maïs. Il est bien de vouloir venir en aide à l’Ukraine mais pour les agriculteurs slovaques ce n’est pas bon.
Le président de l’Union des fruitiers Marian Varga dit que dès aujourd’hui sont importés beaucoup de produits, par exemple de la Pologne, mais bien que les Polonais ont aussi des produits de qualité, ceux importés en Slovaquie sont de moindre qualité, pour ne pas dire mauvaise qualité. Cela est attendu également quant à l’importation des produits ukrainiens. Très opportunément, devrait-on en ce contexte réfléchir à l’ajustement de la TVA, celle appliquée à la production slovaque est l’une des plus élevées. Toujours selon Varga, son abaissement à 6 % ou à 10 % pourrait résoudre le problème.