Selon 33% des Slovaques et 29% des Tchèques, la chute du régime communiste en novembre 1989 n’a pas apporté de conséquences positives. C’est ce qui ressort d’un sondage effectué par le Centre de recherche sur l’opinion publique tchèque.
« La chute du régime communiste en valait-elle la peine ? » Cette question a été posée également aux citoyens des autres pays post-communistes. Il résulte de leurs réponses respectives que ce sont les Polonais qui sont les plus contents tandis ques les Hongrois sont à l’autre bout de l’échelle. 71% des Polonais, 63% des Tchèques, 56% des Slovaques et seulement 48% des Hongrois ont répondu positivement. Une seconde question a été posée aux 1.081 personnes ayant participé au sondage : « Le changement de régime vous a-t-il apporté plutôt des avantages ou des inconvénients ? » À leurs réponses, il apparaît que les citoyens de l’ancien État commun tchécoslovaque sont divisés en trois groupes d’une taille relativement similaire : 34% d’entre eux considèrent que la fin du régime communiste leur a apporté plutôt des bénéfices, 25% sont de l’avis opposé et selon 30% les avantages et les inconvénients sont équilibrés. Selon les organisateurs du sondage, « l’attitude sceptique vis-à-vis de la chute du régime en 1989 est étroitement liée au scepticisme quant aux changements survenus après 1989 ».
Les résultats de ce sondage tourné vers le passé de la région d’Europe Centrale montrent l’opinion mitigée de ses populations sur le régime communiste, qu’elles ont eu à endurer pendant près de quarante années. Il n’est pas sans intérêt de replacer ces résultats dans le contexte de la situation internationale actuelle. Les analystes politiques soulignent que l’annexion de la Crimée par la Russie et les menaces russes contre l’Ukraine revivifient la peur qu’on a cru oubliée depuis 1989. « Assiste-t-on à un retour de la guerre froide ? » se demandent-ils. Et leurs réponses – auxquelles sont particulièrement attentifs les habitants des régions européennes soumises jadis au pouvoir soviétique – sont tout aussi équivoques que la position de ces derniers vis-à-vis de leur passé : les uns estiment que la crise ukrainienne a sonné le glas de la coopération entre la Russie et l’Europe dans sa forme actuelle et qu’on devrait se préparer à une refonte des relations bilatérales alors que selon d’autres l’Union européenne et la Russie sont trop étroitement liées et interdépendantes pour pouvoir envisager une interruption de ces relations ou leur transformation radicale.