Le lancement du projet ambitieux de l’union bancaire concernant les pays de l’eurozone dépasse les capacités que peut mobiliser la Banque Nationale Slovaque. En effet, cette dernière ne dispose pas d’un nombre de spécialistes suffisant pour effectuer le contrôle des plus grandes banques slovaques, prescrit par la Banque Centrale Européenne. Selon le porte-parole de la Banque Nationale Slovaque Martina Solčányiová, « afin d’affermir la crédibilité et l’impartialité au moment du contrôle ainsi que du point de vue des ressources humaines et du manque du temps, nous devrons recourir aux opérateurs externes ».
Déjà dans le second semestre de cette année devrait être opérationnel le premier pilier de l’union bancaire – un système intégré de supervision des banques. En termes pratiques, la responsabilité des plus importantes maisons bancaires européennes incombera désormais à la BCE. Celle-ci ne veut cependant pas acheter un chat dans un sac. C’est pourquoi elle a décidé l’an passé qu’avant de reprendre la surveillance des grandes banques des pays de la zone euro elle mettrait à l’épreuve leur « état de santé » ; l’examen lancé la semaine dernière est intitulé Asset Quality Review. En Slovaquie, trois banques sont concernées, soit Allianz-Slovenská Sporiteľňa, VÚB-Intesa et Tatra banka. Selon Martina Solčányiová, « pour chaque banque, une autre société d’audit sera sollicitée ». Cela sera pour la première fois que la Banque Nationale Slovaque, faute de moyens, sera dans l’obligation de faire appel aux contrôleurs externes. Les spécialistes remarquent que rien qu’en Slovaquie les trois sociétés d’audit engagées pourront améliorer leur bilan de plusieurs centaines de mille, voire plusieurs millions d’euros. Ils ajoutent toutefois que dans ce cas la coopération de la Banque nationale Slovaque avec les agents externes est indispensable.
Quant au projet de surveillance des banques lui-même, certains sont plutôt critiques. Par exemple, l’un des spécialistes de Slovenská Sporiteľňa Drahoslav Ondruška le caractérise comme « mégalomaniaque » ajoutant que la BCE verse de grandes sommes pour payer ses conseillers chargés d’effectuer cette surveillance. De même, elle est coûteuse pour les banques concernées. Par exemple, à Slovenská Sporiteľňa qui est la plus grande institution bancaire slovaque, plusieurs dizaines de personnes sont engagées pour participer aux opérations de contrôle. L’objectif de ce contrôle approfondi est d’assurer une stabilité accrue au secteur bancaire et diminuer les risques systémiques de ce dernier.